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Laos - Étude de cas portant sur les avantages du commerce Sud-Sud pour les pays les moins avancés

11 juillet 2011
ITC Nouvelles

En repensant sa politique commerciale, le Laos a montré comment les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés (PMA), doivent se repositionner pour tirer parti des marchés émergents. En tant que pays sans littoral, le Laos a vu son potentiel commercial entravé par son manque d’intégration aux systèmes commerciaux régional et mondial. En mettant à présent l’accent sur le commerce avec d’autres pays de la sous-région, le pays a aujourd’hui tout à gagner des liaisons terrestres créées. 

Le Laos a opté pour l’économie de marché et a enregistré des taux de croissance élevés satisfaisants avant la crise économique mondiale. Le pays a réussi à attirer l’investissement étranger direct et à accroître ses exportations tant vers les marchés régionaux que vers les marchés éloignés. Mais alors que d’autres pays avaient tendance à travailler uniquement avec des pays développés et à négliger les marchés régionaux et émergents, le Laos a pris conscience qu’il était bien placé pour tirer parti de sa proximité géographique des marchés émergents.

Pour doper et maintenir la croissance à un niveau élevé, il est néanmoins impératif que le Laos intègre les systèmes commerciaux régional et mondial. Actuellement membre de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et de la Zone de libre-échange de l’ANASE, le pays est en passe d’accéder à l’OMC. Insistant sur la nécessité de développer le secteur privé afin de stimuler les investissements et d’accroître les exportations, le Laos s’est doté d’une stratégie d’intégration régionale axée sur les relations terrestres afin de créer un marché et une base de production favorables aux pays membres.

Dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement et de l’impératif stratégique du Laos de sortir de la catégorie des pays les moins avancés d’ici 2020, la stratégie a déjà eu un effet positif sur l’économie nationale sous la forme d’une croissance des exportations, des investissements étrangers directs, de l’aide publique au développement, d’un développement du secteur privé et du tourisme. Les concepts d’approvisionnement régional et mondial et de chaînes de valeur ont également été introduits, mais en dépit de tous les efforts déployés, la réalité des entreprises reste difficile. L’impact de la crise financière mondiale, les obstacles au commerce et la concurrence accrue sont au nombre des difficultés auxquelles sont confrontés les entrepreneurs locaux. Le fléchissement du dollar américain et le renforcement de la devise locale ont également exposé les exportateurs, et notamment les PME, à des risques financiers.

Pour toutes ces raisons, les institutions d’appui au commerce et les communautés de développement doivent aider les PME à s’intégrer aux chaînes de valeur régionale et mondiale. Le réseau commercial et la chaîne d’approvisionnement restant à mettre en place, nous avons facilité et promu l’investissement en provenance des pays voisins. Une politique de création et de maintien de valeur a aussi été mise en avant étant donné la nécessité de mettre davantage l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité des exportations. Le Laos ne peut plus s’en remettre à l’exploitation et l’exportation de ses ressources naturelles, mais doit s’industrialiser grâce à ces ressources.

Du point de vue de la gestion macro, mettre en œuvre une telle politique est toutefois plus facile à dire qu’à faire. Les investisseurs étrangers s’efforcent de développer leur activité, notamment en intégration verticale. C’est ainsi que des matières premières, en particulier les minerais et le bois, sont exportés par le Laos pour approvisionner les industries de transformation des pays voisins. Dans le cas du bois, le problème est complexe car des pays tels que la Chine, la Thaïlande et le Viet Nam importent en grosses quantités pour approvisionner leurs industries de transformation très modernes. Les efforts déployés localement pour interdire l’exportation de bois du Laos sont très controversés, d’aucuns se demandant s’il vaudrait mieux décréter des interdictions afin de contraindre au développement d’une industrie de transformation locale, ou tirer parti des recettes liées à l’exportation, notamment au moment où le pays s’efforce d’accumuler des capitaux. L’exportation continue du bois qui ne crée guère de valeur a désavantagé l’industrie locale, laquelle pâtit des matières premières inadéquates qu’elle doit utiliser et de la capacité excédentaire de ses scieries. L’industrie de transformation du bois est également gênée par le manque de sources de financement, de main-d’œuvre qualifiée et de marchés pour les produits du bois transformés.

Pour aider les PME à grimper le long de l’échelle de valeur, les institutions d’appui au commerce, les communautés de développement et les entreprises doivent penser et agir différemment. Il s’agit en substance d’utiliser au mieux les ressources naturelles locales. Le Laos a adopté une approche holistique en créant un climat plus favorable à l’investissement, en termes d’infrastructures, de cadre juridique, et d’incitations économiques et financières. Les organisations de promotion et d’appui au commerce doivent se doter de programmes plus ciblés et spécifiques pour aider les PME exportatrices. La diversification des produits et des marchés est un moyen de réduire les risques. Le développement de marchés régionaux, notamment par le biais du commerce Sud-Sud, permet de tirer parti de la proximité géographique, de normes produit moins exigeantes et d’obstacles au commerce moins élevés. La région asiatique s’est avérée résiliente et a enregistré une croissance économique rapide, et ce en dépit du récent ralentissement de l’économie mondiale. En tant que petite économie au milieu d’un vaste marché en plein développement, le Laos se trouve désavantagé, et l’accès au financement du commerce et à des informations sur la commercialisation méritent que l’on s’y attarde.