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Permettre aux MPME de participer au commerce international

24 janvier 2018
ITC Nouvelles
L’atelier traite d’initiatives pratiques visant à permettre aux petites entreprises de combler l’écart de productivité

Le 21 juin, le Centre du commerce international (ITC) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ainsi que des missions venues des Philippines, de la RDP lao, de la Malaisie, du Brunéi Darussalam, de Singapour et de la Thaïlande, ont organisé un atelier sur le thème « Renforcement de la participation des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) au commerce international ».

Tenu au siège de l’OMC à Genève, cet atelier visait à examiner les expériences, les réussites et les défis des pays en matière de participation des MPME au commerce international. Les orateurs ont abordé plusieurs questions de politique commerciale qui affectent la capacité des MPME à « s’internationaliser » et à participer directement ou indirectement à l’exportation ou à l’importation de biens ou de services. Dans son allocution d’ouverture, la Directrice exécutive de l’ITC Arancha González a appelé à une approche à deux volets : « veiller à ce que les règles commerciales soient propices à l’intégration des MPME dans les chaînes de valeur régionales et mondiales » et utiliser le programme Aide pour le commerce pour s’assurer que les petites entreprises sont réellement en mesure de participer au commerce international.

Les MPME représentent environ 95 % de l’ensemble des entreprises mondiales, emploient au moins 60 % de la main-d’œuvre mondiale et représentent 50 % de la valeur ajoutée totale. Elles sont extrêmement importantes pour les moyens d’existence des couches vulnérables de la population active, en particulier les femmes et les jeunes. Permettre aux MPME d’accroître leur compétitivité et leur productivité, et de se connecter au commerce international et à l’investissement entraînerait une croissance généralisée et la création d’emplois, ont convenu les panélistes. Pourtant, les MPME ne sont pas souvent en mesure de soutenir efficacement la concurrence sur les marchés mondiaux en raison d’un manque d’accès à l’information et au financement. Cette situation est également imputable aux coûts liés au commerce, tels que les normes obligatoires et volontaires ainsi qu’une mauvaise logistique commerciale.

En raison de leur petite taille, les coûts fixes liés au commerce pèsent plus lourdement sur les MPME que sur leurs principaux concurrents. Les participants à l’atelier ont proposé des initiatives et d’éventuels changements de politique commerciale pour relever certains défis rencontrés par les MPME sur les marchés internationaux. Tous les panélistes ont plaidé en faveur d’une meilleure transparence des réglementations et des lois afin de réduire les asymétries d’information entre les MPME et les grandes entreprises.

Présomption réfutable

Alejandro Jara, du cabinet d’avocats King and Spalding, a attiré l’attention sur des initiatives existantes telles que I-TIP, qui fournit des mises à jour fréquentes sur un large éventail de mesures commerciales, allant des tarifs douaniers aux mesures non tarifaires, telles que les modifications réglementaires et les normes, tout en les présentant sous une forme organisée et facilement comparable. Il a suggéré que davantage d’efforts pourraient être entrepris pour que ces informations soient traduites en d’autres langues. En ce qui concerne les règles, il a évoqué la possibilité que des enquêtes sur les mesures correctives commerciales soient menées en vertu d’une « présomption réfutable » selon laquelle les MPME sont trop petites pour causer un préjudice à l’industrie nationale de certains pays.

De manière générale, les participants ont convenu que les communications numériques offraient aux MPME la possibilité de participer au commerce international par le biais du commerce électronique, tandis que les coûts de transaction réduits grâce à la désintermédiation permettaient aux petites entreprises d’obtenir une plus grande part de la valeur ajoutée. L’impossibilité de mettre en place des solutions de paiement internationales et les coûts d’expédition élevés empêchent encore les MPME de tirer pleinement parti du commerce électronique.

Réduction des coûts d’exportation

Le Directeur général de l’OMC, M. Roberto Azevêdo, a déclaré que la mise en œuvre de l’Accord de facilitation des échanges (TFA) de l’OMC, en réduisant les délais et les coûts de dédouanement des exportations, permettrait l'augmentation de la part d'exportations des MPME. Carlos Grau Tanner, Directeur général de l’Association Global Express, une association industrielle de sociétés internationales de livraison express, a discuté des possibles solutions à un éventail varié de règles et de procédures complexes pour le recouvrement des taxes et des documents aux frontières susceptibles de frustrer les exportateurs de MPME.

Une des propositions consistait à obtenir l’accord d’un groupe de pays aux vues similaires pour établir des exigences communes et simplifiées en matière de documentation pour les expéditions de marchandises d’une valeur seuil uniforme et spécifique. Les MPME pourraient ainsi commercer plus facilement avec plusieurs marchés.

Hafsah Hashim, de SME Corporation of Malaysia, a noté que les entreprises et les gouvernements ont souvent des opinions différentes sur les facteurs les plus urgents qui entravent l’internationalisation des MPME. Elle a fourni des détails sur la manière dont son pays d’origine identifie les MPME les plus prometteuses qui méritent un soutien particulier et une attention soutenue.

Les délégués ont profité de l’atelier pour partager leurs expériences sur les politiques et les initiatives de leurs pays respectifs axées sur les MPME.

En conclusion, l’ambassadeur Esteban Conejos des Philippines, qui a présidé l’atelier, a déclaré : « les MPME devraient être les facettes du prisme à travers lesquelles la lumière sera faite sur nos politiques et nos actions en matière de commerce ».