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Autonomiser les femmes au sein du secteur du karité du Burkina Faso

13 mars 2015
ITC Nouvelles

L'ITC aide au développement d'une stratégie afin de renforcer le rôle des femmes dans le secteur du karité du Burkina Faso

Les femmes peuvent-elles accéder à l'autonomisation économique grâce à la petite noix de karité ? C'est possible, ou tout du moins au Burkina Faso où le gouvernement collabore avec le Centre du commerce international (ITC) pour accroître le rôle de la noix de karité dans l'autonomisation des femmes du pays.

Le Burkina Faso n'est pas seulement le plus gros producteur, consommateur et exportateur de noix de karité en Afrique de l'Ouest, mais ce commerce est aussi la principale source de revenus – directs ou indirects – pour un demi million de personnes. Le secteur du karité a connu une croissance remarquable au cours des cinq dernières années, et fournit aujourd'hui près de 200 000 emplois saisonniers et permanents dans la production, la transformation, la distribution et la revente. Bien que les femmes comptent pour environ 90 % des personnes du secteur du karité, le rôle économique des femmes n'est pas largement reconnu.

L'arbre à karité lui-même est d'une grande importance, et est protégé par le code forestier national. Le beurre de karité est évidemment bien connu sur les marchés internationaux, mais au Burkina Faso, ce sont toutes les parties de l'arbre qui sont utilisées : les feuilles, le tronc, et les racines sont utilisés en médecine traditionelle ; les fleurs et la pulpe sont consommées ; et la noix sert à fabriquer le beurre de karité. Il n'est donc pas étonnant que l'arbre à karité soit souvent décrit comme « l'or vert des femmes ».

Depuis janvier 2014, l'ITC a collaboré avec le Ministère de l'industrie, du commerce et de l'artisanat du Burkina Faso, pour développer une stratégie sectorielle pour le secteur du karité. Prévue pour être dévoilée en avril, la stratégie est conçue pour aider à construire un secteur plus compétitif et durable, afin de contribuer davantage à la croissance économique du Burkina Faso.

Le secteur du karité ayant des ramifications dans plusieurs industries et politiques, un représentant des autres ministères a été consulté lors de la conception de la stratégie, ce qui comprend le Ministère de la question du genre, le Ministère de l'environnement et du développement durable, et le Ministère de la recherche scientifique. Une consultation exhaustive a été menée avec les parties prenantes du secteur privé, les coopératives de femmes, les associations et les entreprises individuelles, ainsi qu'avec les représentants des sociétés multinationales.

Pour le moment, la stratégie a identifié plusieurs contraintes qui empêchent le secteur de libérer tout son potentiel. Par exemple, le déboisement, et plus important encore, le fait que les collecteurs – principalement des femmes – doivent voyager plus loin pour collecter suffisamment de noix de karité afin de répondre à une demande de production plus grande. Les autres problèmes auxquels sont confrontées les femmes du secteur du karité concernent l'accès aux financements, qui leur permettrait de développer leurs affaires, et les ressources et formations, qui sont inadéquates pour renforcer leurs capacités.

Professionnaliser les organisations de femmes En réponse, la stratégie fournit des recommandations qui visent à professionnaliser l'implication des femmes dans le secteur, et en tant que tel garantir que leur travail soit mieux valorisé. Ceci permet aussi de les aider à renforcer leur confiance en elles et leur dignité. Cela suggère de mieux sensibiliser sur les compétences requises pour collecter les noix de karité, élément essentiel de la qualité des produits à valeur ajoutée comme le beurre de karité.

La stratégie s'attache aussi aux objectifs à long terme du secteur du karité, et en particulier l'objectif principal de graduellement accroître la transformation à valeur ajoutée de la noix au Burkina Faso. Cependant, dans la mesure où l'industrialisation pourrait être réalisée au détriment de la participation des femmes dans ce secteur, la stratégie insiste sur le besoin de renforcer les coopératives de femmes.

En fait, des efforts simples, comme l'augmentation de la capacité des coopératives à mobiliser de nouveaux membres, et l'amélioration de leurs compétences en marketing, permettent de garantir que les femmes auront encore un rôle moteur dans le secteur du karité. Toutefois, afin de préserver le rôle des femmes à tous les niveaux de la chaîne de valeur du karité, et ce pour que le Burkina Faso bénéficie pleinement du potentiel de ce secteur, des engagements politiques continus seront nécessaires. La stratégie fournira des orientations pour atteindre ces objectifs.

Pour en savoir davantage sur le travail de l'ITC sur les stratégies d'exportation. (page en anglais)