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Identifier les obstacles au commerce qui affectent les femmes

12 mars 2015
ITC Nouvelles
Partout dans le monde, des femmes chefs d'entreprise sont confrontées à des mesures non tarifaires qui les empêchent d'étendre leur affaires. Les femmes palestiniennes ne font pas exception.

Depuis plusieurs années, le Centre du commerce international (ITC) mène des enquêtes sur les mesures non tarifaires afin de comprendre comment et pourquoi les entreprises sont empêchées de réaliser pleinement leur potentiel. Par ailleurs, ces enquêtes sur les mesures non tarifaires fournissent également des renseignements sur les différences liées à la question du genre, en matière de propriété des entreprises, ou d'emploi dans les secteurs d'exportation, et sur l'incidence et le type d'obstacle auquel sont confrontées les entreprises appartenant à des femmes, comparé à celles dirigées par des hommes.

Un exemple récent concerne l'enquête sur les mesures non tarifaires que l'ITC a mené au sein de l'État de Palestine, et met en lumière quelques-unes des disparités liées à la question du genre que ces enquêtes mettent à jour.

Propriété des entreprises et question du genre

Dans tous les pays où l'ITC a mené une enquête, les entreprises d'export appartenant à des femmes représentaient la minorité. La situation n'est pas différente en Palestine où 86 % des 239 entreprises approchées appartiennent à des hommes. Les entreprises appartenant à des femmes sont rares, mais apparaissent à travers les différents secteurs.

Cependant, l'effectif moyen des employés des entreprises appartenant à des femmes est légèrement plus élevé que celui des entreprises appartenant à des hommes (42 pour 40). Ce résultat est dû en grande partie à trois entreprises exceptionnellement importantes qui appartiennent à une femme. En réalité, seules cinq entreprises ont des effectifs supérieurs à 45 employés. Si l'on exclut les trois entreprises les plus grandes, le nombre moyen d'employés dans les entreprises exportatrices appartenant à des femmes tombe à 21.

Les données de l'enquête fournissent également des indications sur la composition du personnel des sociétés exportatrices, et permet de déterminer la part de personnel féminin dans ces entreprises. En Palestine, la part des femmes dans le nombre total d'employés des sociétés exportatrices est extrêmement bas, avec une moyenne générale de 11,1 %. Cette part est légèrement plus élevée dans les entreprises appartenant à des femmes (16,6 %) que dans celles appartenant à des hommes (10,2 %), ce qui semble suggérer que les femmes sont plus disposées que les hommes à employer des femmes. En revanche, la propriété familiale ou étrangère ne semble pas avoir d'impact sur la part de femmes employées par les exportateurs palestiniens.

La plupart des entreprises d'exportation de Palestine – ce qui représente près de 54 % des entreprises – n'emploient absolument aucune femme. Ceci mérite d'être relevé dans la mesure où cela contraste avec les résultats des autres pays où l'ITC a mené une enquête. Toutefois, cela reflète aussi la part générale des femmes dans la population active de Palestine, qui s'élevait à 16,6 % en 2011, le taux le plus bas parmi tous les pays arabes.

En conséquence, 84 % des entreprises approchées ont fait part d'un taux d'emploi des femmes sous la barre des 20 %. Seules 6 % des sociétés ont un taux qui dépasse les 50 %. La plupart de ces dernières travaillent dans l'industrie du textile et de l'habillement, quelques-unes dans le bois, l'ameublement et l'agroalimentaire, et quelques cas isolés dans la chimie et l'artisanat.

 

De manière générale, les différences entre secteur sont assez prononcées. Dans l'industrie du métal, de l'ingénierie et des plastiques, toutes les entreprises font part d'un taux d'emploi des femmes de moins de 10 %, la plupart n'employant pas de femme du tout – dans le secteur de la pierre et du marbre, cette part ne dépasse pas les 15 %. Les secteurs pharmaceutique, agroalimentaire et du textile et habillement sont les trois seuls où la majorité des entreprises emploient des femmes (dans le cas des sociétés pharmaceutiques, les quatre entreprises approchées).

Entreprises appartenant à des femmes et mesures non tarifaires

L'enquête révèle que 56,5 % des exportateurs palestiniens sont affectés par des mesures non tarifaires contraignantes ou d'autres obstacles au commerce associés. Ce résultat correspond à peu près au taux moyen relevé parmi les pays approchés à ce jour dans le cadre du programme de l'ITC sur les mesures non tarifaires.

Le degré d'affectation varie en fonction des entreprises, selon si elles appartiennent ou non à une femme. Bien que l'enquête présente un nombre d'entreprises appartenant à des femmes trop faible pour permettre des inférences statistiques sur le lien entre le fait d'être affecté et celui d'appartenir à une femme, les moyennes suggèrent que les entreprises appartenant à des femmes sont plus facilement affectées par des mesures non tarifaires contraignantes que les autres : 73,5 des sociétés dont le propriétaire est une femme font état de contraintes liées à des mesures non tarifaires, pour 53,6 % dans le cas des hommes. Présenté autrement, la part des entreprises affectées et qui appartiennent à des femmes est de 18,5 %, plus du double de la part des entreprises qui déclarent ne pas rencontrer de difficulté en lien avec les mesures non tarifaires (8,7 %).

En examinant de plus près le taux d'emploi des femmes au sein de ces entreprises, il apparaît que le taux moyen de femmes employées est légèrement plus élevé dans les sociétés qui sont affectées (11,7 %) que dans celles qui pensent que les mesures non tarifaires ne leur sont pas contraignantes (10,3 %).

Pour en apprendre davantage sur les enquêtes sur les mesures non tarifaires.