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Améliorer L’Accès Des Pme Au Financement Au Bénin

1 mai 2013
ITC Nouvelles

Estelle Ahoyo dirige au Bénin une petite entreprise qui produit et exporte des fruits et des légumes à destination du Nigéria, du Burkina Faso, du Mali, du Sénégal et du Niger. Dans l’avenir nous souhaiterions exporter vers l’Afrique du Nord et à terme vers l’UE et les États-Unis. L’entreprise a trouvé des clients potentiels mais ne dispose pas du capital nécessaire pour accroître sa production, acheter les emballages adéquats et respecter les normes régionales et internationales : toutes ses tentatives pour obtenir un prêt bancaire ont été vaines.

Le problème auquel est confrontée l’entreprise de Mme Ahoyo est commun à nombre de PME de pays en développement. Selon Cyprian Bangirana, Président de l’Association de caféiculteurs Kagango en Ouganda, le manque de confiance entre les institutions financières, les micro-entreprises et les PME, les agriculteurs et les coopératives s’est aggravé depuis la crise financière de 2008. Il a affirmé que la réticence du secteur bancaire était souvent compréhensible car dans de nombreuses entreprises la gestion et la discipline financières sont insuffisantes.

L’ITC a répondu à ce problème par le biais du Programme d’accès au financement pour les PME. Le programme permet de renforcer les compétences des dirigeants de PME en matière de gestion financière, notamment d’asseoir leur stabilité financière et leur capacité de présenter des projets bancables. Dans le même temps, il aide les institutions financières à améliorer leur compréhension des besoins des PME et leur capacité à évaluer le potentiel et les risques inhérents aux projets, tout en surveillant la performance des bénéficiaires de prêts.

Au Bénin, le Programme 2010–2012 d’accès au financement pour les PME a bénéficié d’un financement à hauteur de $E.-U. 1,4 millions du Gouvernement de la Finlande et soutient le Projet Agon – agon signifiant ananas en fon, une langue béninoise. L’objectif est d’aider les micro-entreprises, les PME, les coopératives et les associations prêtes à exporter et qui exportent déjà, à accéder au financement et aux services financiers. Le projet vise à contribuer au développement du secteur de l’ananas au Bénin en promouvant le commerce et la coopération Sud-Sud pour améliorer les moyens de subsistance de plus de 3 000 personnes, dont des propriétaires de PME, leur personnel et leurs familles.

Au Bénin, le secteur de l’ananas a été confronté à plusieurs difficultés, notamment le prix élevé du fret et le manque de capacités de réfrigération et de conditionnement adéquates. Producteurs et PME n’ont pas pu obtenir de prêts auprès des institutions financières locales pour améliorer leur production et leur commercialisation.

Aminatou Bagoudou, Présidente d’une association de femmes du secteur de la transformation des fruits, est une des bénéficiaires du projet. Elle a déclaré : “Le projet nous a assigné un conseiller en gestion financière qui nous a aidé à améliorer la gestion financière de notre association et à élaborer un plan d’activité. La banque a approuvé notre demande de prêt d’un montant de 25 millions de francs CFA ($E.-U. 50 000) après avoir visité nos locaux et nous avoir interrogé. Le prêt va nous servir à moderniser notre équipement de transformation et à acheter des emballages plus appropriés dans le but d’exporter du jus d’ananas vers le Burkina Faso et le Niger.”

Le projet de l’ITC a été mis en oeuvre dans le cadre d’un partenariat avec la Bank of Africa (BOA), la Banque régionale de solidarité (BRS) et le Fonds National de Microfinance, trois banques ayant exprimé leur souhait d’élargir leur portefeuille de PME et de travailler dans le secteur de l’ananas. Pour améliorer leur compréhension du potentiel et des risques liés aux PME, une formation a été organisée à l’intention des agents de prêt. Loancom, un outil de notation du crédit de l’ITC tenant compte des paramètres financiers et non financiers des PME et des associations, a été fourni à la BOA. Ce logiciel permet aux agents de prêt de mieux évaluer les demandes de prêt présentées par les PME et les associations.

Le projet au Bénin a aussi permis de mettre à disposition deux fonds de garantie par l’Agence française de développement et le Fonds GARI, une banque de développement d’Afrique de l’Ouest, lesquels peuvent être utilisés par la BOA et la BRS au bénéfice des participants à la chaîne de valeur de l’ananas du Bénin.

Léon Agba, conseiller agréé en gestion financière et coordonateur du Projet Agon auprès de l’Agence béninoise de promotion des échanges commerciaux, l’OPC du Bénin, a déclaré : “Le Projet Agon est le premier du genre lancé au Bénin pour répondre aux besoins du secteur agricole de manière inclusive et holistique. Tout comme les autres conseillers en gestion financière, j’ai noué des relations à long terme avec deux PME et continuerai de leur offrir des services d’encadrement et de suivi.”

Au titre du programme, 70 micro-entreprises et PME ont bénéficié d’un accès aux services financiers et, après un temps de latence, les banques évaluent à présent les demandes de prêt d’un montant de $E.-U. 3,9 millions. Parmi les demandes en souffrance figurent celle d’Estelle Ahoyo mais, dans l’intervalle, avec l’assistance technique de l’ITC, ses exportations vers le Burkina Faso, le Niger et le Nigéria ont considérablement augmenté.

aya Ouattara, Conseiller en accès au financement pour les PME de l’ITC, a déclaré: “Le programme ne se limite pas aux prêts et au financement : fournir un accès aux services financiers, y compris aux comptes bancaires, et renforcer les capacités financières des négociants est tout aussi important. Je suis convaincu qu’ici au Bénin nous avons semé des graines qui porteront durablement leurs fruits.”

Le programme est aussi actif au Sénégal, en Ouganda et en Zambie, grâce à un financement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), du Gouvernement du Japon et du NTF II.