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Renforcement des capacités institutionnelles au Pakistan(1)

26 novembre 2013
ITC Nouvelles

Dans le cadre de cours de courte durée au Pakistan, les fonctionnaires travaillant avec les milieux d’affaires du pays reçoivent une formation sur les mesures correctives commerciales, la propriété intellectuelle, les MNT et d’autres questions liées au commerce. Leur encadrement est assuré par des maîtres formateurs du PITAD, la cellule de réflexion du gouvernement. Les cours s’inscrivent dans le cadre d’un projet de l’UE d’une durée de quatre ans et demi et d’un montant de €10 millions visant à renforcer les capacités du PITAD en tant qu’institut de recherche, de formation et de développement des exportations, ainsi qu’en tant que point focal des consultations sur la politique commerciale avec le secteur privé.

"Avant la formation, je pensais que les MNT étaient des instruments réglementaires à la disposition du gouvernement mais après le premier jour de cours ... je me suis dit qu’il s’agissait d’une épée à double tranchant. Le gouvernement doit choisir de l’utiliser à bon escient pour donner un nouveau souffle à son économie en développement ou de l’utiliser à mauvais escient et en payer le prix." Junaid Usman Akram, deuxième secrétaire, Office fédéral des recettes

“Je travaille avec de nouveaux fonctionnaires qui serviront le ministère pendant longtemps. Ce cours aura donc un effet durable,” a déclaré Muhammad Shafiq Haider, un des six maîtres formateurs du PITAD spécialiste du système commercial multilatéral. Les vrais bénéficiaires du cours sont, bien entendu, les milieux d’affaires avec lesquels les stagiaires sont en contact au quotidien. “Ils n’ont jamais entendu parler du cours ou du PITAD, mais ce sont les milieux d’affaires qui en seront les bénéficiaires ultimes,” a-t-il déclaré.

L’ITC est en train de mettre en œuvre le volet politique commerciale du projet, lequel vise à renforcer les capacités commerciales du Pakistan, dans le cadre d’un programme piloté par l’ONUDI. L’objectif du programme est d’encourager une réforme cohérente de la politique commerciale et réglementaire et d’améliorer la compétitivité à l’exportation.

Lorsqu’ils travaillent sur l’élaboration de la politique commerciale et des règlements connexes et sur leur mise en œuvre, les fonctionnaires du gouvernement doivent posséder une connaissance suffisante du cadre commercial international complexe, ainsi que de l’environnement réglementaire national lié au commerce. Selon Rajesh Aggarwal, Chef de la section du secteur privé et de la politique commerciale de l’ITC, la démarche de l’ITC en ce qui concerne le volet formation du projet consiste à renforcer les capacités du PITAD et de son personnel, de manière à lui permettre de former à son tour des fonctionnaires du gouvernement. Il s’agit pour lui d’un modèle plus durable et d’un meilleur rapport coût-efficacité que de demander à des experts internationaux de former directement les fonctionnaires du gouvernement. Les maîtres formateurs ont tous pris part à une formation de formateurs facilitée par l’ITC et à un programme de conception de programmes d’études au WTI en Suisse.

Junaid Usman Akram, deuxième secrétaire de l’Office fédéral des recettes, faisait partie des 25 participants à la session de formation de deux jours organisée en octobre à Islamabad et dirigé par M. Haider du PITAD. “Avant la formation, je pensais que les MNT étaient des instruments réglementaires à la disposition du gouvernement mais après le premier jour de cours ... je me suis dit qu’il s’agissait d’une épée à double tranchant. Le gouvernement doit choisir de l’utiliser à bon escient pour donner un nouveau souffle à son économie en développement ou de l’utiliser à mauvais escient et en payer le prix,” a-t-il affirmé. Seema Raza Bokhari, Responsable de la cellule OMC au Ministère des industries, a déclaré que son expérience allait lui permettre de : “Contribuer à l’élaboration de la politique industrielle.”

Le programme comprend non seulement la formation de maîtres formateurs au WTI, mais aussi la conception de modules de formation par les participants du PITAD sous la direction d’experts internationaux. En 2011 et 2012, dix des cours élaborés par les participants ont reçu l’aval du WTI et trois autres devraient vraisemblablement être finalisés dans les mois à venir. Syed Kausar Ali Zaidi, Directeur de la formation et de la politique commerciale, a déclaré que “Le PITAD prévoit d’offrir un programme de maîtres formateurs agréés”.

“Le personnel du PITAD a, à ce jour, formé plus de 100 agents et escompte en former entre 250 et 300 de plus chaque année dans les années à venir,” a ajouté Zaidi. 35 agents stagiaires supplémentaires ont décroché un certificat conjoint PITAD-WTI en Droit commercial international et en diplomatie commerciale. Pour l’avenir, le PITAD a l’intention de proposer des cours aux fonctionnaires d’autres pays de la région, tels le Sri Lanka et le Tadjikistan. Anirudh Shingal, Maître de recherche au WTI, a expliqué que : “Pour concevoir les cours, nous prenons les modules WTI existants et les adaptons au contexte et au public pakistanais.”

Le WTI mène des programmes dans d’autres pays, mais les maîtres formateurs de ces programmes sont des membres du corps enseignant universitaire, lesquels ont vraisemblablement moins d’influence sur la politique du gouvernement et la formation des fonctionnaires que le PITAD qui est une agence gouvernementale. “Le concept est extrêmement intéressant et un bon moyen de renforcer les capacités,” a déclaré Shingal à propos de l’approche de l’ITC.

Des conseils d’administration à la politique du gouvernement: dialogue public-privé sur l’élaboration de la politique commerciale

Sans une contribution suffisante du secteur privé à l’élaboration de la politique commerciale, celle-ci est souvent peu rigoureuse. Le concept de dialogue public-privé (DPP) est au cœur de l’approche de l’ITC en matière d’élaboration des politiques. "La participation au DPP offre aux milieux d’affaires une occasion précieuse de contribuer au processus d’élaboration des politiques. L’objectif de chaque DPP est d’assurer la représentation du secteur privé et d’obtenir sa contribution," a déclaré Mohammad Owais Khan, Administrateur du programme de politique commerciale de l’ITC.

Le projet de politique commerciale de l’ITC au Pakistan porte sur l’institutionnalisation d’un dialogue approfondi, régulier et éclairé entre les représentants du Gouvernement du Pakistan et les milieux d’affaires sur l’élaboration et la mise en œuvre de la politique commerciale. L’initiative offre au secteur privé la possibilité de prendre une part plus active à l’élaboration de la politique commerciale du pays ainsi qu’à d’autres lois liées au commerce. Nombre des recommandations du secteur privé ont été prises en compte dans les documents de politique commerciale en cours d’approbation par le gouvernement. "Les recommandations de politique découlant de ces dialogues ont été précieuses dans l’élaboration de la politique commerciale... Le mécanisme a constitué une excellente plate-forme d’écoute du point de vue du secteur privé qui, dans le cas contraire, aurait pu passer inaperçu," a déclaré Tahir Maqsood, Directeur général du PITAD.

Mirza Abdul Rehman, Vice-président de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie du Pakistan, a déclaré : "Le dialogue participatif et les contacts sont une réelle occasion de régler les problèmes qui pèsent sur le pays. Certaines des difficultés qui mettent à rude épreuve les entreprises et le secteur industriel au Pakistan sont purement locale ou opérationnelles et sont la conséquence de la négligence et de l’apathie des fournisseurs de services publics, alors que d’autres sont dues à l’absence de communication, de dialogue et d’engagement entre les secteurs public et privé ... C’est en cela que le DPP est précieux."

Dans le cadre du processus, un comité directeur composé à part égale de représentants des secteurs public et privé a été constitué. Son mandat consiste à superviser la planification, la mise en œuvre et la surveillance du DPP sur les questions clés telles que la promotion des services professionnels, de TI et de transport, et l’amélioration de la compétitivité dans les secteurs des produits laitiers et du bétail.