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La majorité des entreprises sénégalaises sont affectées par des mesures non tarifaires

26 février 2013
ITC Nouvelles
63% des entreprises au Sénégal font face à des mesures non tarifaires (MNT) contraignantes et d’autres obstacles au commerce selon une étude réalisée par le Centre du Commerce International.

Pour les exportateurs, 70% des MNT contraignantes sont des règlements étrangers appliqués par les pays importateurs, alors que les 30% restant proviennent de règlements domestiques appliqués par les autorités sénégalaises – entravant leurs propres exportations. Concernant les importations, la quasi-totalité des MNT sont imposées par le Sénégal, et touchent davantage les produits manufacturés que les produits agricoles. « Bien que 63% peut sembler élevé, c’est en fait plus faible que la moyenne de la région », indique le responsable ITC du projet au Sénégal, Mathieu Loridan. « Le chiffre pour les pays d’Afrique de l’ouest étant de 72% », rapporte-t-il.

Les résultats de l’enquête ainsi que les solutions pour éliminer les MNT et autres obstacles au commerce furent discutés lors d’un atelier à Dakar, Sénégal, au début du mois. L’atelier, organisé par ITC en collaboration avec le Ministère sénégalais du Commerce, de l’Industrie et du Secteur Informel, a regroupé environ 50 participants des agences publiques et du secteur privé. Un court reportage de la chaine Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) sur cette atelier est disponible ici.

Les MNT, qui incluent notamment les contingents à l’importation, les licences spéciales, les restrictions à l’exportation, les subventions d’exportation, les obstacles techniques au commerce, les mesures sanitaires et phytosanitaires ou encore les règles d’origine, sont devenues une des principales entraves au commerce international de biens et de services. Les entreprises ont bien souvent du mal à se conformer aux exigences croissantes des politiques mises en œuvre et font, dans le même temps, face à une opacité des règlements techniques imposés.

Lors de cet atelier, les experts de l’ITC ont discuté du besoin d’améliorer l’information et la communication sur les normes et les règlements techniques des marchés étrangers ainsi que sur les procédures nationales de mises en conformité qui y sont liées. Les débats ont également porté sur le besoin d’évaluer et de rationaliser les procédures nationales d’inspection et d’analyse ainsi que les infrastructures disponibles pour les entreprises exportatrices et importatrices. Il a enfin été décidé que l’intégration et la coopération régionales devaient être renforcées et qu’il était également important de s’atteler aux problèmes relatifs à l’environnement des affaires qui persistent dans le pays, notamment l’offre d’électricité et les installations de transport et stockage.

Pour Bernard Casimir Cissé, Secrétaire Général du Ministère du Commerce, de l’Industrie et des Secteur Informel, les MNT représentent un obstacle à l’expansion des exportations vers les marchés étrangers. « L’enquête auprès des entreprises sénégalaises a permis d’identifier les mesures non tarifaires relatives aux exportations et aux importations et a révélé qu’il s’agit de contraintes réelles pour la promotion du commerce. Mais au-delà de l’identification des obstacles non tarifaires, il convient de développer des actions concrètes qui permettront à nos entreprises d’être mieux équipées pour bénéficier des informations sur les mesures imposées par les pays importateurs.»

Mondher Mimouni, Chef de la section de Recherche et d’Analyse de Marché à ITC, note que « si la majorité des MNT auxquelles font face les exportateurs sénégalais est appliquée par les pays partenaires, la plupart des obstacles relatifs à ces MNT se déroule au Sénégal, en plus du problème de manque d’information. Les résultats de l’enquête doivent servir à la définition et au développement de stratégies nationales ciblées afin de faciliter davantage le commerce et améliorer l’environnement des affaires. »

L’ITC travaille auprès du secteur privé dans 27 pays, y compris le Sénégal, afin d’identifier les obstacles non tarifaires existants et de définir des recommandations pour les gouvernements sur les moyens à mettre en œuvre pour réduire voir éliminer ces obstacles. Mieux comprendre les problèmes des entreprises face aux MNT permet aux gouvernements de mieux définir leurs politiques commerciales et de prendre des décisions concrètes pour réduire ces problèmes, comme par exemple le renforcement des capacités nationales pour se conformer aux règlements techniques.