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Soutenir les pays dans leur processus d'adhésion à l'OMC et au-delà

13 février 2018
ITC Nouvelles

 

Le défi Les pays les moins avancés (PMA) cherchent à adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour entrer dans l'économie mondiale et stimuler la croissance axée sur le commerce, mais ils manquent souvent les compétences et l’expérience pour ce processus d’adhésion complexe. Ils ont également du mal à incorporer les points de vue du secteur privé dans les positions qu'ils tiennent lors des négociations et dans les politiques de réforme connexes, une étape essentielle à franchir pour tirer parti du processus d'adhésion afin de créer un environnement économique favorable à la croissance, notamment pour les PME. Même après leur adhésion, les gouvernements ont besoin de capacités institutionnelles pour répondre aux exigences de l'OMC. Cependant, les entreprises doivent être conscientes des opportunités qu'offre le système commercial multilatéral pour en bénéficier.

Le Liberia a relevé un défi supplémentaire, celui d'harmoniser ses engagements envers l’OMC avec son intégration simultanée au sein la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). En Afghanistan, c'est dans les carences institutionnelles des secteurs public et privé que résidaient les principales difficultés.La réponse L'ITC soutient les secteurs public et privé des PMA, en Afghanistan et au Liberia plus récemment, en les dotant de connaissances pour mieux comprendre les opportunités liées au processus d'adhésion à l'OMC ainsi que les problèmes qu'ils peuvent rencontrer, afin de pouvoir formuler des positions de négociations assurant un équilibre entre les objectifs stratégiques des secteurs privé et public.

Un élément clé de cette assistance a été l’établissement de mécanismes de dialogue entre les parties prenantes des secteurs public privé afin que chacun puisse comprendre les préoccupations de l’autre. Le renforcement des capacités par l'ITC facilite la mise au point de plates-formes institutionnalisées pour des débats fondés sur des éléments probants et pour l'échange d'expériences sur des thèmes précis.

En prélude à l’adhésion, le mécanisme est utilisé pour obtenir un consensus entre les acteurs privés et publics sur les réformes relatives à l’OMC. Après l’adhésion, il pivote vers la mise en œuvre des réformes des politiques commerciales qui sont cohérents avec les besoins opérationnels des entreprises et compatibles avec les nouveaux engagements du pays vis-à-vis de l'OMC.Les résultats Après un processus d’adhésion qui a duré plusieurs années, l’Afghanistan et le Liberia ont officiellement adhéré à l’OMC en décembre 2015, pendant sa 10e Conférence ministérielle à Nairobi.

Au Liberia, l'ITC avait déjà soutenu le gouvernement pour la formulation d'une politique nationale de commerce, une refonte approfondie des règles commerciales du pays visant à promouvoir la cohérence entre les obligations liées à l’adhésion du Liberia à l’OMC, les engagements au niveau régional et les politiques pour stimuler la croissance dans des secteurs clés de l'économie. L'institution a également soutenu le Liberia pour la formulation d'une stratégie nationale d’exportation, qui recense les secteurs avec un fort potentiel de valeur ajoutée et de création d'emplois impulsées par le commerce pour les stimuler, ainsi que les goulets d’étranglement qui freinent l'augmentation de la production et les exportations. Au cours des négociations pour l'adhésion du Liberia à l’OMC, les deux documents ont servi de base pour les offres relatives à l’accès du Liberia au marché des produits et des services ; L'ITC a assisté les responsables libériens pour la formalisation des offres. L'ITC a également financé la participation des négociateurs libériens à différent forums de l'OMC, notamment à la réunion ministérielle de Nairobi et au Forum public annuel à Genève.

Lors de la signature du protocole d’adhésion du Liberia à Nairobi, la présidente Ellen Johnson Sirleaf, a déclaré que les engagements de son pays vis-à-vis de l’OMC et des réformes connexes mettent en place des politiques et procédures visant à assurer un climat d’affaires plus transparent et prévisible pour une croissance équitable.

En Afghanistan, le mécanisme de dialogue a permis aux secteurs public et privé de nouer des liens avec leurs homologues indiens. En plus de comprendre comment les institutions et les entreprises indiennes fonctionnent et d'utiliser les engagements vis-à-vis de l'OMC à leur avantage, les institutions Afghanes étaient en mesure de demander de l’aide bilatérale pour palier à leurs carences. L'avenir En se fondant sur les initiatives passées prises pour soutenir le Tadjikistan (voir encadré) afin qu'il tire le meilleur parti de son adhésion à l’OMC, l'ITC a mis au point des stratégies d’assistance technique après l’adhésion pour l’Afghanistan et le Liberia. L’objectif principal est de créer un environnement conforme aux exigences de l'OMC et propice à la croissance, notamment pour les PME.

L'ITC soutiendra le ministère du Commerce et de l’industrie (MoCI) pour i) veiller à ce que le secteur privé prenne conscience des implications des engagements du Liberia vis-à-vis de l’OMC ; (ii) élaborer une stratégie pour mettre en œuvre la politique commerciale nationale du Liberia qui soit conforme aux exigences de l'OMCₒ; et (iii) mettre en place un guichet unique de facilitation des échanges, un portail électronique où les commerçants peuvent échanger des informations commerciales avec les agences frontalières.

L'appui fourni à l’Afghanistan après son adhésion sera axée sur : (i) l'élaboration d'une stratégie nationale d’exportation ; (ii) la mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC et le soutien des PME dans la gestion des procédures transfrontalières ; et (iii) le recours aux consultations entre les secteurs public et privé pour renforcer la capacité des institutions et des principales parties prenantes pour la mise en œuvre des engagements de l’OMC. Ces priorités s’alignent sur celles définies par Humayoon Rasaw, ministre afghan du Commerce et de l’Industrie, qui a lancé un appel à l’aide des donateurs pour permettre à son pays de surmonter les lacunes institutionnelles en vue de garantir la conformité du pays nouveau-venu à l’OMC. Il a également noté les faiblesses du secteur privé, notamment l'insuffisance de capacité des entreprises afghanes à respecter les règles de l'OMC sur les normes de santé et de sécurité ainsi que sur la réglementation des produits.