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Le certificat de sécurité des États-Unis pourrait quintupler les exportations péruviennes de produits alimentaires locaux

20 novembre 2015
ITC Nouvelles

Les acteurs industriels du Pérou s'attendent à voir les ventes de sacha inchi, une plante traditionnelle riche en nutriments, bondir aux États-Unis de $E.-U. 2,5 millions en 2015, suite à la levée d'un obstacle majeur au commerce sur leur principal marché d'exportation.

En septembre 2014, le Secrétariat des États-Unis aux produits alimentaires et pharmaceutiques a approuvé une demande préparée au nom des exportateurs péruviens avec l'appui de l'ITC, et a classé l'huile de sacha inchi comme « généralement considérée comme sûre » (GRAS), une étape clef pour pouvoir exporter de larges quantités de produits alimentaires sur le marché américain. Les exportations vers les États-Unis tournent pour le moment autour de $E.-U. 500 000 par an.

« Au moins cinq importateurs américains attendaient l'approbation GRAS pour conclure un contrat avec nous », explique Juan Manuel Benavides, Directeur de Amazon Health, un exportateur d'ingrédients naturels.

« Le marché américain des ingrédients est énorme, mais pour que ces ingrédients soient utilisables, ils doivent avoir le statut GRAS », poursuit Miguel Navarro, Directeur des opérations chez Agroindustrias Osho, autre exportateur de la région.

Le sacha inchi, parfois aussi appelé la noix inca, est une plante riche en protéines et acides gras, cultivée et récoltée dans la région amazonienne du Pérou, ce qui inclut la zone de San Martin où elle fournit des revenus nets pour plus de 1 200 familles de producteurs.

Près d'un quart de la population du Pérou vit dans la pauvreté, et environ 90 % de ces personnes vivent dans des zones de grande biodiversité. L'amélioration de la position sur le marché et l'augmentation des ventes de produits issus de la biodiversité représentent une opportunité unique d'améliorer les conditions de vie des agriculteurs et récolteurs de ces produits.

Au Pérou, l’ITC a aidé neuf exportateurs d’ingrédients provenant de sources durables parmi lesquels le Sacha Inchi et le Coqueret du Pérou, un fruit indigène d’Amérique du Sud. Pedro Martinto Housman, Directeur général de Villandina, raconte : « Les avantages comparés et compétitifs ont été établis et le marché a été quantifié. Cette information est d'une grande valeur. »

Des revenus plus importants pour les exportateurs et les exploitants

L’ITC a aidé les entreprises et leurs exploitants fournisseurs à obtenir les certificats de commerce équitable. M. Martinto témoigne encore : « Cela nous a ouvert un nouveau marché : le marché du commerce équitable, auquel nous n'avions pas accès. Nous pouvons offrir de meilleurs revenus aux cultivateurs, ce qui en retour améliore la durabilité de l'approvisionnement. » Les neuf entreprises qui travaillent avec l’ITC, s’approvisionnent auprès de 10 000 fournisseurs dans les Andes et la région Amazonienne.

Selon Humberto Durand Chuquimango, l’un des 187 exploitants de Coqueret du Pérou ayant reçu une formation sur le commerce équitable et les pratiques de culture durable, « l’argent résultant du Coqueret du Pérou que nous vendons sert à l’éducation des enfants, à payer les frais de santé et d’habillement, ainsi qu’à nous nourrir ».

Les PME ont également reçu un appui pour participer aux salons internationaux, où elles ont pu présenter leurs produits, prouver leurs bénéfices nutritionnels, et établir des contacts avec des acheteurs potentiels. Ceci fut particulièrement important pour le Sacha Inchi qui est peu connu en dehors du Pérou. Selon Carolina Sanchez, responsable des ventes chez Shanantina, une entreprise péruvienne de Sacha Inchi, « il y a beaucoup de travail à faire et se rendre à ces salons représente une réelle opportunité ».

Prochaine étape : les barres de céréales et la mayonnaise

Tout en négociant avec des clients potentiels pendant ces foires, les exportateurs ont réalisé que convaincre les acheteurs des qualités nutritionnelles de leurs produits ne suffisait pas pour conclure les contrats : sans le statut GRAS, les entreprises alimentaires seraient peu disposées à utiliser leurs produits comme ingrédient. En réponse, l’ITC et ses partenaires, les agences gouvernementales Promperu et Perubiodiverso, ont accepté de participer à l’élaboration de la soumission GRAS, qui a impliqué à la fois des scientifiques et des juristes. À l’issue d’un processus d’approbation qui a duré sept mois, le certificat était délivré en septembre 2014. L’huile de Sacha Inchi peut désormais être utilisée dans les barres de céréales, les céréales pour le petit-déjeuner, les chocolats, les sauces et la mayonnaise, entre autres.

Selon Guadalupe Amésquita, agent de commerce durable à Promperu, « ceci ouvre la porte à une utilisation élargie comme ingrédient courant de l’industrie agroalimentaire, ce qui peut susciter l’intérêt d’entreprises telles que Nestlé, Unilever, Procter & Gamble et PepsiCo ».

Cet article est tiré de la publication de l'ITC, les Perspectives sur la compétitivité des PME 2015.