Speeches

L’ANASE peut-elle devenir un chef de file mondial ?

30 janvier 2018
ITC Nouvelles
Discours prononcé par la Directrice exécutive de l’ITC, Arancha González au Sommet de l’ANASE 2016 sur les entreprises et les investissements
République démocratique populaire Lao
6 septembre 2016

Mesdames et Messieurs,

Je remercie le Conseil consultatif des entreprises de l’Association des Nations d'Asie du Sud-est (ANASE) et le Ministre Khemmani Pholsena, ministre de l’Industrie et du Commerce de la République démocratique populaire Lao, de m’avoir invité à prendre la parole au Sommet de l’ANASE sur les entreprises et les investissements et à participer à ces débats passionnants sur l’avenir économique de la région. Le Centre du commerce international (ITC), l’organisme conjoint des Nations Unies et de l’Organisation mondiale du commerce que je dirige, a pris l’engagement de soutenir la région dans sa croissance et son développement grâce au commerce et à l’internationalisation accrue des PME.

« Une vision, une identité, une communauté ». Telle est la devise de l’ANASE. Elle reflète l’unité, une stratégie commune et la reconnaissance de l’interdépendance entre les États membres de l’ANASE. La notion de responsabilité est sous-jacente. Pas seulement les uns envers les autres, mais la responsabilité à l’échelle mondiale. D’où mon intervention aujourd’hui : L’ANASE peut-elle devenir un chef de file mondial ? Cette question nous permettra de réfléchir sur près de 50 ans qui se sont écoulés depuis la réunion des cinq premiers membres de l’Association.

En 1967, l’Asie, à l’exception du Japon, était largement considérée comme une cause perdue sur le plan économique. À l’époque, le concept de smart money était destiné à l’Amérique latine et aux États africains nouvellement indépendants. L’Asie du Sud-Est était en proie à des rivalités de superpuissances, et l’incroyable diversité des langues, des cultures et des religions de la région semblait être un facteur de conflit.

Regardez l’ANASE aujourd’hui. Pris ensemble, ses dix membres constitueraient la sixième plus grande économie mondiale au taux de change du marché, après l’Allemagne et à peu près au même niveau que la France. Depuis le début du siècle, le PIB de l’Association a plus que triplé. La croissance n’a pas seulement été saine ; elle est restée stable : beaucoup moins volatile que les taux de croissance dans l’Union européenne au cours des quinze dernières années. Entre 1993 et 2013, le commerce total des pays de l’ANASE a été multiplié par six, passant de 430 milliards de dollars à 2,5 mille milliards de dollars, et certaines parties de la région sont devenues des maillons des chaînes de valeur internationales.

Plus important encore, la croissance économique s’est traduite par une réduction de la pauvreté. Les taux de pauvreté dans toute l’ANASE ont diminué de moitié depuis 2000. Mieux encore, certaines des plus grandes améliorations ont été enregistrées dans les quatre pays les moins avancés du groupe : le Cambodge, la République démocratique populaire Lao, le Myanmar et le Vietnam, où la proportion de personnes vivant dans la pauvreté extrême a chuté de plus des deux tiers, passant de 45 % à moins de 16 %. La prospérité croissante s’est accompagnée d’une paix intérieure et entre les membres de l’Association.

L’ANASE est déjà à bien des égards un chef de file mondial, un modèle de réussite. Pour les gouvernements d’Afrique, des Caraïbes ou du Pacifique qui cherchent à poursuivre l’intégration économique et politique, il est logique de se tourner vers l’Asie du Sud-Est. Les processus consensuels de l’ANASE englobent des pays aux systèmes politiques variés, aux niveaux de revenu par habitant élevés ou faibles et aux avantages comparatifs très différents. Son réseau dense de réunions régionales a permis d’établir des liens institutionnels et personnels qui favorisent une plus grande confiance et une coopération accrue sur des questions allant du commerce et des transports à la protection de l’Environnement, en passant par les litiges frontaliers.

La Communauté économique de l’ANASE promet de créer un marché « propre à la communauté » unique et une base pour la production et le commerce avec le reste du monde. L’ANASE a déjà conclu des accords commerciaux avec la Chine, le Japon, l’Inde, la Corée, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces accords font de l’ANASE la plaque tournante centrale du futur partenariat économique régional global actuellement en cours de négociation entre tous ces pays.

Mais des possibilités d’amélioration existent. Par exemple, le commerce intra-ANASE, c’est-à-dire la part du commerce des États membres destinée à d’autres pays de l’Association, s’est stabilisée ces dernières années à environ 25 %. Ce chiffre est bien en deçà de la part intragroupe enregistrée dans l’ALENA, et encore moins au sein de l’Union européenne. Pour prendre un autre exemple, dans la plupart des pays de l’ANASE, la productivité du travail manufacturier par travailleur est nettement inférieure à celle de la Chine, ce qui est suffisant pour compenser l’avantage salarial au sein de la région. Et bien sûr, les membres les plus pauvres de l’ANASE en particulier sont confrontés à des défis majeurs en matière de croissance et de développement.

Pour que l’ANASE puisse jouer un rôle moteur à l’avenir, il sera essentiel d’élaborer des politiques proactives. Bon nombre de réformes et des gains économiques bas de gamme ont été récoltés.
  
Considérons l’AEC (Communauté économique de l’ANASE). Aussi difficile que cela puisse paraître, les réductions tarifaires constituent en fait la partie relativement facile. Les mesures non tarifaires et les restrictions à l’investissement étranger sont beaucoup plus complexes à traiter. L’ITC s’efforce de mettre en lumière la manière dont les entreprises des pays en développement se heurtent à des mesures non tarifaires dans leurs activités quotidiennes.

Nos enquêtes menées auprès des entreprises au Cambodge, aux Philippines, en Indonésie et en Thaïlande confirment que les entreprises qui cherchent à commercer au sein de l’ANASE se heurtent encore à des obstacles liés à la reconnaissance mutuelle des certificats et des règles d’origine, aux différences de classification des produits, etc. Ces politiques empêchent les exportateurs et les importateurs de profiter pleinement des avantages de l’intégration régionale. D’autre part, les commerçants rencontrent encore plus de problèmes en ce qui concerne les activités commerciales avec des pays non membres de l’ANASE, ce qui donne à penser que l’intégration intrarégionale a fait de réels progrès. Ces enquêtes menées auprès des entreprises constituent une riche source d’informations factuelles sur les moyens d’améliorer et d’accroître le commerce dans la région.

Je suggère qu’une enquête exhaustive sur les MNT et les entreprises à l’échelle de la région constituerait une contribution fondamentale à la stratégie d’intégration de l’ANASE. Elle pourrait s’accompagner d’un mécanisme en ligne permettant aux entreprises de déclarer les MNT, les gouvernements s’engageant à les traiter dans des délais précis. Notre expérience avec des mécanismes similaires dans d’autres pays s’est avérée très utile. L’ITC serait heureux d’être votre partenaire à cet effet.

La croissance de la productivité est comparable en ce sens qu’elle devient encore plus difficile une fois que les pays ont réalisé les gains initiaux découlant du transfert de personnes et de capitaux des exploitations agricoles vers les usines. Pour les économies à faible revenu de l’ANASE, où l’agriculture reste une activité dominante, le défi est double : elles doivent poursuivre la transformation structurelle tout en augmentant la productivité dans tous les domaines de l’agriculture, de la fabrication et des services.

L’amélioration de la productivité nécessitera des innovations, des investissements dans les compétences et la formation ainsi que l’exploitation de la puissance de l’économie numérique, notamment du commerce en ligne.

Mais l’amélioration de la croissance de la productivité et le renforcement de l’intégration économique régionale ne sont pas à eux seuls suffisants pour faire de l’ANASE un chef de file mondial. Car il est trop facile pour les pays d’enregistrer des taux de croissance globaux élevés sans augmenter les revenus de la plupart des populations. De plus, il est possible pour les dirigeants de négocier des liens plus étroits en matière de commerce et d’investissement sans s’assurer que les entreprises puissent profiter d’un nouvel accès aux marchés.

Je crois que l’ANASE a aujourd’hui l’occasion de montrer au monde entier comment traduire l’intégration, le commerce et la croissance en améliorations généralisées des possibilités et du niveau de vie des populations ordinaires. Le monde a un besoin urgent de ce genre de leadership. Et il s’agit du genre de leadership que l’ANASE s’emploie à mettre en œuvre.

Deux groupes sont au cœur de ce programme de croissance inclusif : les petites et moyennes entreprises (PME) et les femmes. Ensemble, ils englobent la grande majorité de nos sociétés. Mais leur potentiel économique tend à être sous-exploité, ce qui compromet à la fois la croissance globale et la mesure dans laquelle ses fruits sont largement partagés. La bonne nouvelle est que l’action concrète des décideurs politiques, des entreprises et de la société civile peut y remédier.

Les micros, petites et moyennes entreprises ne sont rien de moins que le chaînon manquant d’une croissance inclusive. Ils représentent environ 60 à 70 % de tous les emplois du secteur privé, mais ils ont tendance à être moins productifs que les grandes entreprises, cet écart de productivité étant le plus important dans les pays en développement. Une faible productivité se traduit par une baisse des salaires et de mauvaises conditions de travail pour une grande partie de la main-d’œuvre. En revanche, l’amélioration de la productivité des PME se traduit par des emplois plus nombreux et mieux rémunérés, largement répartis dans la société. Les PME qui parviennent à « s'internationaliser », que ce soit par l'exportation ou l'importation directes, ou par la vente à d'autres sociétés participant à ce type d'activités, font preuve d'une productivité particulièrement haute, et donc de gains en termes d'emplois et de rémunération. Le renforcement de la compétitivité internationale des PME contribue ainsi directement à une croissance inclusive.

Située au cœur de certains des plus importants réseaux de production et voies maritimes du monde, l’ANASE est bien placée pour être un chef de file de la connexion des PME aux chaînes de valeur. Les efforts déployés à l’échelle régionale pour ouvrir les marchés, harmoniser les réglementations et réduire les coûts liés au commerce devraient être complétés par des efforts visant à doter les PME des outils de renseignement commercial, de l’accès au financement et des contacts en réseau dont elles ont besoin pour établir des liens avec de potentiels acheteurs et fournisseurs étrangers. Les infrastructures «immatérielles » de ce type sont essentielles pour garantir que les entreprises de toutes tailles bénéficient des investissements dans des infrastructures « matérielles » comme les routes et les ports.

Actuellement, la performance des PME varie largement à travers les pays de l’ANASE. En Thaïlande, par exemple, les PME représentent près de 30 % de toutes les exportations, tandis qu’en Indonésie, ce chiffre n’est que la moitié. Les Perspectives annuelles de compétitivité des PME de l’ITC mettent en lumière les contraintes qui freinent les PME sur les marchés mondiaux et orientent l’attention des décideurs vers les domaines où les réformes produiraient le plus grand impact dans un pays donné. Le rapport se penche sur les capacités des entreprises, parallèlement aux forces et aux faiblesses de l’environnement commercial immédiat, ainsi que sur le climat général de la situation politique nationale.

L’observation intrigante qui ressort de la recherche, réside dans le fait que dans de nombreux pays asiatiques, y compris plusieurs membres de l’ANASE, les déterminants de la compétitivité au niveau des entreprises sont en fait relativement faibles, mais compensés par des environnements d’affaires nationaux fiables et immédiats. Un cas inverse est visible en Amérique latine, où la compétitivité commerciale des entreprises dynamiques et adaptables est limitée par un environnement commercial relativement faible. De nombreux gouvernements de l’ANASE peuvent donc accorder plus d’attention au renforcement des capacités des entreprises. Cela nécessiterait de mieux équiper les PME pour qu’elles s’adaptent aux demandes changeantes du marché, d’utiliser les outils de communication Internet, le commerce en ligne pour acquérir des compétences et, surtout, d’obtenir les certifications internationales de qualité qui sont de plus en plus nécessaires pour entrer dans les chaînes de valeur et accéder aux marchés de consommation.

Il est essentiel de veiller à ce que la politique commerciale et les règles commerciales reflètent et répondent aux réalités des MPME. Et je salue ici les Philippines et les autres membres de l’ANASE pour avoir piloté ces échanges à l’OMC. L’ITC a été heureux de co-parrainer un événement avec de nombreux pays de l’ANASE sur cette problématique il y a quelques semaines et je continuerai à soutenir personnellement cette démarche, et l’ITC fournira toutes les informations factuelles nécessaires pour vous aider à mieux élaborer les règles et réglementations commerciales en faveur des MPME.

Et maintenant aux femmes, qui sont bien entendu employées en grand nombre par les PME. Les barrières sociales et juridiques relèguent des centaines de millions de femmes à travers le monde à des rôles marginaux dans l’économie. Les filles sont souvent moins susceptibles d’être scolarisées que leurs frères. Les femmes sont nettement moins à même d’avoir des comptes bancaires et d’avoir accès au crédit, ce qui réduit leur capacité à lancer et à gérer des entreprises. Les lois discriminatoires dans de nombreux pays confinent les femmes entrepreneurs et salariées à des activités peu rémunérées.

C’est donc sans surprise que les entreprises détenues par des femmes sont sous-représentées parmi les entreprises qui font du commerce. Les enquêtes de l’ITC auprès des entreprises dans 20pays en développement suggèrent que seulement 20 % des entreprises qui exportent ou importent sont détenues et gérées par des femmes. Les Philippines, un pays membre de l’ANASE sur lequel nous disposons de données, affiche des performances hors pair à ce sujet : 28 % des entreprises dans le commerce sont dirigées par des femmes. Mais même ici, beaucoup d’aspects sont à rattraper.

Combler l’écart entre les sexes dans les opportunités économiques produirait d’énormes dividendes pour nous tous. Selon les estimations, si l’on portait les salaires et la participation des femmes au marché du travail au même niveau que ceux des hommes, cela augmenterait la production mondiale de plus de 25 %. Ce serait comme ajouter des nouveaux États-Unis et Chine à l’économie mondiale. Ou peut-être une nouvelle ANASE ! Dans quelques jours, les dirigeants du G-20 se réuniront à Hangzhou pour réfléchir sur le thème « ouvrir une nouvelle voie pour la croissance ». Je pense que nous avons une réponse pour eux !

L’autonomisation des femmes en tant qu’agents économiques n’est pas seulement une question de politique gouvernementale, de pratique du secteur privé ou de changement des valeurs sociales. Nous avons tous des rôles à jouer. L’initiative SheTrades de l’ITC fournit une feuille de route pour des actions concrètes. L’initiative vise à connecter un million de femmes entrepreneurs au marché international d’ici 2020. Dans le cadre de cet objectif, nous avons lancé un Appel à l’action qui recense les principaux obstacles qui freinent les entreprises détenues par des femmes. Les gouvernements de l’ANASE, les entreprises et la société civile peuvent faire preuve de leadership en prenant, et en respectant, des engagements ambitieux et vérifiables d’actions concrètes. Je vous mets tous aujourd’hui au défi d’être des ambassadeurs de SheTrades.

Alors, comment cela peut-il être réalisé dans la pratique ? Les gouvernements de l’ANASE pourraient promettre de réprimer les lois discriminatoires, d’acheter plus de biens et de services auprès des entreprises détenues par des femmes et de soutenir des institutions telles que les agences de promotion du commerce qui aident les femmes entrepreneurs à trouver de nouvelles opportunités de marché. La collecte de données désagrégées par sexe permettra la conception de meilleures politiques aussi bien par les gouvernements que le secteur privé.

Les entreprises de l’ANASE peuvent s’engager à ajouter davantage d’entreprises détenues par des femmes à leurs chaînes d’approvisionnement. Les banques et les investisseurs de la région peuvent s’engager à faire en sorte que les entreprises dirigées par des femmes aient un accès équitable au capital dont elles ont besoin pour grandir.

Je suis heureuse d’annoncer que l’ANASE évolue déjà sur ces deux fronts essentiels. Un document du Secrétariat de l’ANASE, en coopération avec ONU-Femmes et la Fondation Friedrich Ebert, a déjà déterminé les moyens par lesquels la Communauté économique de l’ANASE pourrait lutter contre l’inégalité entre les sexes et propose une série d’actions ciblées pour accroître la participation des femmes dans les secteurs commerciaux. Celles-ci vont de la réduction des écarts de compétence et d’accès au financement à la réforme des lois sur le travail, la propriété et l’héritage, en passant par la création de systèmes de garde d’enfants pour que les femmes salariées ne soient pas pénalisées. Le chevauchement avec l’Appel à l’action de SheTrades est plus que significatif !

En ce qui concerne les PME, le plan d’action stratégique de l’ANASE pour le développement des PME énonce un programme détaillé de dix ans pour que les PME deviennent plus productives et plus tournées vers l’international.

L’ITC travaille déjà en appui de ces objectifs dans l’ensemble de la région de l’ANASE. À la demande des pays de l’ANASE, nous avons élaboré un projet visant à soutenir le programme d’intégration régionale et la mise en œuvre du Plan d’action stratégique pour le développement des PME. Si la Communauté économique de l’ANASE vise à rendre le commerce possible, ce projet visera à favoriser le commerce, en permettant aux PME d'en tirer pleinement parti. Une initiative distincte vise à renforcer le soutien institutionnel aux entreprises détenues par des femmes en Indonésie et dans deux autres pays de l’Association des pays riverains de l’océan Indien.

Ces initiatives s’appuient sur des travaux en cours et passés, tels que notre soutien aux femmes entrepreneurs du secteur de la soie au Cambodge pour accroître les revenus en améliorant la qualité des produits et en connectant les acheteurs étrangers. Au Myanmar, nous avons aidé le gouvernement à élaborer une stratégie nationale d’exportation et nous mettons actuellement en œuvre des projets visant à stimuler le tourisme et à relancer son secteur jadis dynamique des graines oléagineuses. Ici, au Laos, nous avons travaillé pour intégrer les communautés vulnérables dans un tourisme inclusif sur le plan économique et respectueux de la culture. La Société de développement du commerce extérieur de la Malaisie a été un partenaire précieux dans nos efforts pour aider les agences de promotion du commerce à travers le monde à offrir à leurs clients un meilleur rapport qualité-prix. Et bien sûr, j’ai déjà mentionné nos enquêtes auprès des entreprises sur les mesures non tarifaires et la participation des femmes au commerce.

Pour finir, j’espère vous avoir convaincu, s'il en était encore besoin, que tirer le meilleur parti de la promesse économique des PME et des femmes est essentiel pour que l’ANASE devienne une « Communauté d’opportunités ». Et si l’ANASE est capable de devenir un modèle de croissance inclusive et de bénéfices largement partagés issus du commerce, elle sera véritablement un chef de file mondial pendant son deuxième demi-siècle d'existence.

Je vous remercie.