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Pleins feux sur l’intégration des économies de l’Afrique du Nord dans le cadre de la ZLECAf

6 avril 2021
ITC Nouvelles

Lors du Forum de Rabat, les intervenants ont souligné la nécessité pour l’Afrique d’unir ses forces, afin de progresser dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour que celle-ci puisse contribuer pleinement au développement et à la transformation du continent.

Dans le cadre de son nouveau programme One Trade Africa, le Centre du commerce international (ITC) a organisé le Forum de Rabat en partenariat avec le Secrétariat Général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), sous l’égide du Gouvernement du Royaume du Maroc et avec le soutien des ministères du commerce de l’Egypte et des pays membres de l’UMA, à savoir l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie.

Les conférenciers ont mis en évidence la complémentarité des économies de l’Afrique du Nord et ont exprimé la volonté commune d’augmenter le flux des échanges entre les pays d’Afrique du Nord et garantir une amélioration de l’accès aux marchés à l’échelle du continent.

Comme l’a souligné Son Excellence M. Taieb Baccouche, Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe, il est plus que jamais nécessaire pour les États du Maghreb de s’engager concrètement dans l’organisation d’une intégration régionale effective. Force est de constater que malgré les divers atouts dont dispose la région et qui offrent l’occasion d’approfondir le développement tant souhaité, le commerce intra-maghrébin représente aujourd’hui moins de 5 % des échanges et le coût de cette faible intégration est évalué, pour chacun des pays, à la privation de 2 à 3% du PIB annuel, révèle M. Baccouche.

Selon Son Excellence Moulay Hafid El Alami, Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie verte et du Numérique du Royaume du Maroc, « la mise en place de la ZLECAf devrait accélérer l’intégration de nos marchés nationaux respectifs et le développement des chaines de valeurs continentales, de manière à mettre en exergue les complémentarités entre nos économies, stimuler les échanges intra-africains et favoriser le positionnement de chacun des pays membres dans les chaines de valeurs régionales, continentales et mondiales ».

La ZLECAf permettra ainsi d’augmenter le commerce intra-africain de 52 % d’ici 2022, en vue de créer un meilleur environnement macro-économique pour les MPME qui représentent plus de 80 % des entreprises du continent et de contribuer à un gain en bien-être estimé à 16,1 Mds US$, rapporte S.E le Ministre El Alami.

Par ailleurs, Mme Coke-Hamilton, directrice exécutive de l’ITC, a affirmé que l'opérationnalisation de la ZLECAf devrait remodeler et transformer les pays africains en accélérant la croissance, en diversifiant les exportations et en attirant les investissements.

En effet, lors du panel de haut niveau, Mme Lilia Hachem Naas, cheffe du Bureau pour les pays arabes de l’ITC, a rappelé que l’intégration maghrébine, jalon essentiel du processus d’intégration continental, présente d'énormes opportunités en termes de croissance et d’emploi.

Le panel a reconnu le rôle majeur que jouent les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dans l'économie, notamment en termes de création d'emplois et d’augmentation du commerce transfrontalier.

Toutefois, ces MPME continuent de faire face à diverses contraintes, dont l’accès à l’information et à l’intelligence commerciale, l’accès aux marchés et l’accès au financement. Ce dernier demeure un aspect critique qui freine la croissance des petites entreprises. En effet, Afreximbank affirme que 40 % des MPME dans les pays en voie de développement rencontrent des difficultés d’accès au financement, ce qui nécessite des solutions innovantes et adaptées aux besoins de ces entreprises.

Pour pallier ces difficultés, il faut non seulement offrir un meilleur accès aux financements mais également encourager les investissements, accroître la dissémination et l'accès à l'information et créer un environnement favorable qui permet au secteur de se développer et de mener à bien ses affaires.

Le panel a également reconnu que le processus d’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique en est à ses débuts. Des expériences similaires de créer et faire fonctionner efficacement des espaces économiques commun, tels que l’UEMOA, la CEDEAO ou encore l’Union européenne, ont pris beaucoup de temps.

Selon l’exemple de l’Union européenne, l’intégration est un processus à long terme qui requiert une vision, une volonté politique, de la résilience et surtout qui doit d’engendrer des bénéfices concrets pour tous les acteurs, et notamment pour le secteur privé.

Parmi les recommandations énoncées dans la "Déclaration de Rabat", figurent la nécessité d’œuvrer ensemble en faveur de la réduction des barrières au commerce, de l’harmonisation des législations, de l’opérationnalisation des corridors commerciaux et de l’amélioration de la connectivité routière, ferroviaire, maritime et aérienne entre les pays de l’Afrique du Nord, d’une transformation digitale du continent, et enfin, d’une revitalisation de l’Union du Maghreb Arabe.

Les pays participants ont suggéré de mettre en place un Comité consultatif régional, composé des pays membres de l’UMA et de l’Egypte, qui assurera le suivi annuel et évaluera les progrès de l’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique du Nord.