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Mme González : Le potentiel de l’Afrique demeure sous-exploité

4 décembre 2014
ITC Nouvelles
La Directrice exécutive de l’ITC en appelle aux ministres du commerce de l’Union africaine pour qu’ils intensifient leurs efforts afin de créer une zone continentale de libre échange

Dans un discours tenu hier devant les ministres du commerce d’Afrique, Arancha González, Directrice exécutive du Centre du commerce international (ITC), a présenté le travail de l’ITC en appui à l’intégration du commerce régional et aux gouvernements africains dans leur recherche d’un accord de libre-échange à l’échelle continentale.

S’adressant à la 9ème session ordinaire de la Conférence des ministres du commerce de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba en Éthiopie, Mme González a salué la décision de l’UA de chercher à constituer une zone continentale de libre-échange, expliquant que « les retombées économiques et en matière de développement de l’intégration régionale [en Afrique] sont considérables et largement sous-exploitées ».

Mme González a indiqué aux ministres que l’ITC avait respecté son engagement pris lors du sommet de l’année dernière selon lequel l’Afrique serait « au cœur des interventions de l’ITC ». En 2014, l’ITC a organisé pour la première fois en Afrique son événement phare annuel, le Forum mondial pour le développement des exportations. Concernant les interventions de l’ITC, 67 % d’entre elles ont été destinées à l’Afrique subsaharienne, aux pays les moins avancés (PMA) et aux petits États insulaires en développement (PEID), dépassant ainsi l’objectif de 60 % défini au début de l’année.

L’ITC a œuvré à construire de solides relations avec chacun des pays africains, les six communautés économiques régionales du continent et la Commission de l’Union africaine, a-t-elle encore expliqué, en développant des projets et des programmes qui viennent compléter leurs plans d’intégration du commerce et des investissements.

Mme González a montré comment les activités de l’ITC en Afrique sont liées au plan stratégique qui oriente le travail de l’ITC jusqu’en 2017. Par exemple, le travail avec la Commission de l’UA pour établir un Observatoire panafricain des échanges va permettre d’améliorer l’accès en Afrique à l’information sur le commerce et les marchés, prérequis pour que les entreprises puissent pénétrer de nouveaux marchés. Des projets dans les secteurs de l’agronomie et des services vont aider à renforcer les chaînes de valeur en Afrique, tandis que l’appui aux entrepreneurs parmi les femmes et les jeunes permettra de générer des retombées sociales en plus des retombées économiques.

La facilitation des échanges et la levée des barrières au commerce régional figuraient en bonne place dans le discours de la directrice de l’ITC. Elle a fait remarquer que des recherches récentes de l’ITC avaient mis en évidence que les pays africains appliquaient entre eux des droits de douane supérieurs en comparaison avec ceux appliqués par les pays tiers sur les produits africains. Ella a ajouté que les mesures non tarifaires constituaient « le calcaire qui bouche les canalisations du commerce ». Pour elle, le dialogue public-privé est essentiel pour identifier et réduire ces mesures.

Selon Mme González, le nouvel Accord de facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) va permettre de s’attaquer à la bureaucratie, une barrière non tarifaire majeure en Afrique, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME). Elle a souligné l’appui fourni par l’ITC à plus de quarante pays pour les aider à définir sous quelle catégorie tombaient leurs engagements futurs envers le nouvel accord de l’OMC, pour identifier ceux qui ont besoin d’une assistance technique et financière, et pour préparer des projets de mise en œuvre viables ayant le soutien des donateurs. Pour elle, la mise en œuvre cohérente des mesures de facilitation des échanges au niveau des communautés économiques régionales va permettre de produire les meilleurs bénéfices en matière de promotion du commerce.

Pour finir, Mme González a félicité les ministres pour leur projet d’initier une zone continentale de libre-échange, et s’est engagée à soutenir leurs efforts grâce à la coopération et à l’appui de l’ITC. Elle leur a rappelé que le secteur privé – et en particulier les PME qui comptent pour 95 % du total des entreprises – serait le véritable moteur d’une prospérité accrue, atteinte au travers du commerce et de l’investissement.

Elle a conclu : « Renforcer les PME et améliorer leur compétitivité, les aider à accéder aux financements et à se connecter aux marchés, seront des activités essentielles pour les aider à croître grâce au commerce. »