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Il est temps de promouvoir l’agriculture

22 janvier 2018
ITC Nouvelles
L’Assemblée générale des Nations Unies explore comment l’agro-industrie peut contribuer à l'atteinte des Objectifs de développement durable

Quel rôle les entreprises agroalimentaires peuvent-elles et doivent-elles jouer dans l'atteinte de l’objectif 2 - mettre fin à la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable, du Programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations Unies ? Selon Carolina Medina, Directrice générale d’Agruppa, une entreprise sociale colombienne, la première étape consiste à rendre l’agriculture plus intéressante pour que les jeunes se sentent fiers de faire partie du secteur.

Mme Medina s’exprimait lors d’un événement parallèle à l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 septembre, sur le thème « Soutenir le secteur agroalimentaire pour une sécurité alimentaire et une nutrition accrues, et des systèmes alimentaires durables, dans le cadre du Programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations Unies, organisé par le Centre du commerce international (ITC) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, avec le soutien des gouvernements italien et japonais.

Diane Holdorf, Responsable du développement durabilité et Vice-présidente de Kellogg Company, a insisté sur la nécessité pour le secteur agroalimentaire de mieux faire entendre sa voix lors de l’élaboration des politiques. « En l’absence de systèmes alimentaires fiables, nous assisterons à des défaillances du système, » a-t-elle déclaré. « Nous voulons être en mesure d’empêcher que cela se produise, en permettant à ceux qui sont sur le terrain de se faire entendre également. »

Ses opinions ont été portées en écho par David George Velde, membre du conseil de l’Organisation mondiale des agriculteurs et Vice-président du Syndicat national des agriculteurs américains, qui a ajouté que les agriculteurs, eux aussi, « valorisent la qualité de l’eau, des ressources qui concourent à leur bien-être et à leur capacité à produire de la richesse. » De plus, il a souligné que les agriculteurs (très souvent des femmes) reconnaissent la valeur du développement durable, « en particulier dans les secteurs qui peuvent les doter de capacité pour améliorer leur statut social, viabiliser la base économique et sociale de leurs familles et des communautés dans lesquelles elles vivent. »

Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO, a insisté sur la nécessité de rappeler que l’alimentation est un bien public pour renforcer les liens entre les zones urbaines et rurales. Elle a souligné le besoin « de garantir des politiques commerciales et de marché, des programmes et des projets vertueux et inclusifs, destinés aux marchés formels et informels, ainsi qu’aux marchés régionaux et internationaux ».

Les intervenants ont également examiné comment les politiques commerciales peuvent conduire à de plus importantes opportunités de marché pour les petits producteurs et distributeurs d’aliments produits à l’échelle locale ou nationale, ce qui peut permettre d'impulser la croissance durable et inclusive, et la sécurité alimentaire.

« Le déploiement à l’étranger des chaînes de valeur alimentaires peut générer de nouvelles opportunités de marché pour les agriculteurs, » a déclaré M. Koji Miyaura, Directeur de la division des politiques au Bureau des affaires de l’industrie alimentaire du ministère de l’Agriculture, des forêts et des pêches (MAFF) du Japon. « Pour y parvenir, il faut développer la valeur des produits.» Il a ajouté que le Japon soutient cet effort en menant des études en vue de cerner les goulots d’étranglement dans les chaînes de valeur alimentaires en Asie et en Afrique.

Tout en insistant sur la problématique de la sécurité alimentaire, Pietro Sebastiani, Directeur général de la coopération pour le développement au ministère italien des Affaires étrangères, a déclaré : « La résilience est vitale pour atteindre la sécurité alimentaire. Il est important de mettre en œuvre des systèmes d’alerte rapide. Les systèmes alimentaires doivent enfin être inclusifs. Nous devons tout mettre en œuvre pour que chacun jouisse de ses droits sociaux et politiques. ».

La Directrice exécutive de l’ITC, Mme Arancha González, qui a également présidé l’événement, a mis l’accent sur les opportunités de transfert de connaissances entre le secteur agricole et les autres secteurs. « L’agriculture regorge d’une plus forte intensité de connaissance que la fabrication, et offre de grandes opportunités d’apprentissage technologique, » a-t-elle déclaré. « Des preuves tangibles nous laissent penser que cet apprentissage pourrait s’étendre à d’autres secteurs. »