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Diverses politiques de soutien aux micro et petites entreprises touchées par le COVID-19

3 avril 2020
ITC Nouvelles

Les mesures gouvernementales aident les petites entreprises à joindre les deux bouts, notamment grâce au commerce.

Les petites entreprises du monde entier sont confrontées à des conditions économiques difficiles en raison de la pandémie du COVID-19. L'arrêt d’une grande partie de l'économie mondiale a provoqué un choc simultané et massif de l'offre (par exemple, la disponibilité des travailleurs ou des intrants) et de la demande (consommation et investissement). Plus précisément, les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) sont confrontées à :

  • Contraintes de production : le confinement des travailleurs limite la production.
  • Accès au financement : les MPME ont généralement des réserves de liquidités plus faibles et font faillite beaucoup plus rapidement.
  • Perturbations de la chaîne d'approvisionnement : les MPME ont généralement peu de stocks. Les pénuries peuvent toucher les MPME plus rapidement et plus durement que les grandes entreprises. S'approvisionner auprès de nouveaux fournisseurs ou absorber la hausse des prix représente pour elles un défi.
  • Incertitude politique : l'évolution rapide des politiques met en difficulté les MPME qui traversent la crise.


Dès le mois de mars, plus de 30 pays avaient mis en place des politiques de soutien aux MPME. Ce blog met en lumière les mesures qui concernent directement les MPME engagées dans le commerce ou les investissements.

Maintenir l'ouverture des marchés

Dans la mesure du possible, les politiques commerciales doivent garantir la stabilité et la transparence. L'ouverture des marchés en temps de crise renforce fortement la confiance des entreprises.

Conditions de financement préférentielles

Les prêts à faible taux d'intérêt et à taux zéro constituent la première ligne de défense pour de nombreux pays qui cherchent à sauvegarder à court terme la liquidité des MPME. Les crédits garantis par le gouvernement et le moratoire des remboursements de la dette publique sont relativement faciles à mettre en œuvre, mais ont l'inconvénient d'accroître l'exposition à la dette des entreprises qui en bénéficient.

  • Le financement du commerce peut aider les petites entreprises à court d'argent à conserver leurs clients à l'exportation, et est particulièrement approprié pour les entreprises qui exportent, ceci leur permettant de compenser la baisse de la demande locale. Par exemple, la Banque de crédit à l'exportation de Turquie a prolongé sa période de remboursement de crédit de deux à six mois et ses dispositifs de réescompte au crédit à deux ans.
  • Exportation et développement Canada (EDC) a récemment annoncé qu'il offrirait aux entreprises exportatrices une garantie sur les prêts allant jusqu'à 5 millions de dollars canadiens, afin qu'elles puissent avoir accès à des liquidités instantanément.


    Réductions d'impôts et subventions

    Les gouvernements réduisent les taux d'imposition des sociétés et offrent des subventions aux entreprises des secteurs les plus touchés afin de réduire les coûts et d'améliorer les résultats. Pourquoi ? Parce que les perspectives de compenser les revenus perdus à la suite des chocs provoqués par une pandémie sont dans de nombreux cas minces, et que la durée de la crise est inconnue. Pour soutenir les entreprises dépendantes des exportations, de nombreux pays renoncent aux droits de douane et accordent des subventions pour remplacer les recettes d'exportation perdues : 

    • La Chine réduit de 20 % les redevances de cargaison et les coûts liés aux infrastructures portuaires entre le 1er mars et le 30 juin 2020.
    • La région de Sharjah aux Émirats arabes unis exempte toutes les marchandises de gros des frais de stockage portuaire pour une période de 90 jours et réduit de 50 % le tarif de stationnement des camions dans les ports.
    • Le Pakistan accorde aux entreprises d’exportation des remboursements d'impôts accélérés.
    • Le gouvernement suisse propose un programme permettant aux entreprises de demander jusqu'à 4,5 millions de francs suisses pour compenser l'annulation des foires, congrès et salons professionnels.
    • L'Australie exonère les entreprises des frais dus au report et à l'annulation d’évènements touristiques et sportifs prévus en 2020.

     

    Soutiens à l'emploi

    Les soutiens à l'emploi sont des mesures visant à maintenir les travailleurs sur le marché du travail. L'allocation pour le travail de courte durée en Allemagne en est un exemple. L'expérience tirée de la Grande Récession a prouvé l’efficacité des moyens alors employés pour faire face aux chocs à court terme. La subvention des arrêts maladie pour les entreprises, la prise en charge par l'assurance maladie du coût des tests médicaux, des traitements et des vaccins peuvent aider les petites entreprises à réduire les coûts liés au maintien de l'emploi. Ces programmes sont à la disposition des entreprises des secteurs touchés, y compris celles qui sont victimes des chocs à l'exportation, et visent parfois explicitement les secteurs orientés vers l'exportation :

    • Le gouvernement du Bangladesh s'est engagé à maintenir les salaires des employés des industries d'exportation.


    Assistance technique et mesures réglementaires

    Certaines interventions déployées pendant la pandémie ciblent des groupes d'entreprises ou certaines activités spécifiques. Il existe de nombreux exemples qui visent directement les activités liées au commerce :

    • Les procédures de facilitation des échanges commerciaux améliorent les délais de délivrance de documents commerciaux internationaux. Par exemple, l'Indonésie a introduit des procédures douanières accélérées pour les commerçants de renom et les opérateurs économiques officiels.
    • Les procédures réglementaires accélérées augmentent la production et l’accès au matériel médical indispensable.
    • L'assistance juridique, par exemple la délivrance de certificats en cas de force majeure et des services de conseil juridique, peut être particulièrement utile aux MPME qui font du commerce, ces dernières risquant d'être de plus en plus confrontées à des litiges commerciaux.


    Prendre les bonnes décisions

    Alors que les acteurs du secteur public pèsent le pour et le contre des différentes mesures, il est important que les politiques soient bien coordonnées entre les organes gouvernementaux et les institutions de soutien aux entreprises concernés, afin de fournir un soutien efficace, en temps voulu et opérationnel aux MPME. Il est tout aussi important que les informations sur les programmes concernés soient facilement accessibles. Prendre les bonnes décisions vis-à-vis de ces recommandations pourra déterminer l'ampleur ou la durée réelle du ralentissement de l'activité économique.