Speeches

Discours de la Directrice Executive lors du lancement du programme INTEGRA (en)

19 novembre 2018
ITC Nouvelles
Discours de la Directrice Executive Arancha González lors du lancement du programme INTEGRA
Programme d’appui à l’intégration socio-économique des jeunes en Guinée
Lundi 19 novembre 2018

Excellence, M. le Premier Ministre Kassory Fofana,
M. L’ambassadeur de l’Union européenne, Josep Coll,
Mesdames et Messieurs, chers invités et amis,

Un proverbe dit que le meilleur moyen de prévoir le futur c’est de le créer. Le futur est ici devant nous.

Originellement ‘intégrer’ voulait dire réparer, remettre en état. Puis le verbe a signifié former un tout, accomplir. De fait, ce qui nous réunit aujourd’hui va bien au-delà de la somme de chacun de nos efforts individuels. Il s’agit d’union et d’intégration.

Nous concrétisons un partenariat dans lequel le Centre de commerce international (CCI) est pleinement engagé.

Avec le Programme d’appui à l’intégration socio-économique des jeunes en Guinée (INTEGRA), nous unissons nos forces pour plus d’impact.

Je salue et remercie chaleureusement l’Union européenne pour la confiance investie dans le CCI, aux côtés des partenaires guinéens, des différents ministères concernés, celui du commerce, celui de la Jeunesse et de l’emploi des jeunes et celui de l’Enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail, ainsi que les agences d’exécution, Enabel, GIZ, sans oublier nos partenaires du système des Nations unies, le PNUD et l’Organisation internationale sur les migrations (OIM).

La Guinée, à l’image du continent africain, a beaucoup changé lors la dernière décennie et les changements ne font que s’accélérer. L’Afrique est une terre d’opportunités immenses : 50% de jeunes de moins de 18 ans ; 60% des réserves de terres cultivables mondiales ; un taux de croissance de 5% par an en moyenne sur la dernière décennie ; plus de 70 % de taux de pénétration de téléphone mobile.

L'Afrique est aussi le continent le plus jeune du monde. On parle souvent de dividende démographique, mais c’est bien de développement humain, de compétences à l’emploi, d’esprit d’entreprise et d’envie de conquête dont il s’agit.

Car si la Guinée a renoué avec une croissance économique solide et des investissements en forte hausse, tout le monde a conscience dans cette salle que 60% des chômeurs restent des jeunes et que les routes des migrations irrégulières sont trop périlleuses. L’un des plus grands défis de la Guinée, comme pour le continent africain, est d’accroître la capacité du secteur privée à créer des emplois durables, permettant l’essor de l’entreprise et de l’entreprenariat. Pour cela, il faut se concentrer sur les micro, petites et moyennes entreprises (MPME); tout simplement parce qu’elles représentent plus de 99% des entreprises et plus de 70% de l’emploi.

L’entreprenariat, c'est l'emploi des jeunes. L’entreprenariat, c'est l'innovation et la créativité. L'entreprenariat, c'est la diversification et la valeur ajoutée. Et c’est à travers le commerce que l’entreprise améliore sa compétitivité.

Si nous souhaitons atteindre, à l’horizon 2030, les Objectifs de développement durable, il faut se concentrer sur les micro, petites et moyennes entreprises et réaliser un nouveau type d'entreprenariat de jeunes femmes et hommes.

La Guinée s’est dotée d’un Plan national de développement économique et social (PNDES), dont la priorité est la transformation durable et inclusive de l’économie. Il mise en particulier sur l’énergie et l’agriculture, sur le capital humain, ainsi que sur le développement durable dans la gestion des ressources naturelles. Le programme INTEGRA est totalement aligné sur le PNDES, sur la création d’entreprises pour les jeunes, l’accélération des entreprises de femmes, l’amélioration des compétences à l’emploi et l’innovation en milieu rural.

Je voudrais m’arrêter sur trois de nos priorités dans l’action que nous menons avec nos partenaires guinéens.

En premier lieu, l’action du CCI portera sur l’entreprenariat en milieu rural. Passer d'une agriculture de subsistance à l’agro-industrie pour une meilleure valorisation des produits locaux. L'agriculture emploie plus de 50% de la population active et son potentiel est d’autant plus important que la Guinée regorge de terres et d'eau en abondance.

Néanmoins, l’agriculture est souvent perçue comme « le parent pauvre ». Lorsque je parle d’agriculture avec les jeunes que je rencontre ils me disent « moi, l’agriculture ça me plait mais ça ne rapporte pas assez ». Nous allons mieux valoriser l’agriculture. Nous allons la rendre plus « cool » c’est-à-dire plus rémunératrice.

Concrètement, cela veut dire la promotion des chaînes de valeurs orientées vers les marchés ; l’amélioration de la qualité ; la transformation innovante de produits agricoles ; l’introduction des fermes connectées. Des solutions qui intègrent entre autres les technologies de l’information, les énergies renouvelables ou la permaculture. Nous avons besoin d’agri-preneurs décidés à s’engager dans une agriculture 4.0 conciliant à la fois besoins alimentaires, respect de l’environnement et meilleurs revenus dans les campagnes.

En deuxième lieu, je voudrais parler du numérique. Nous allons concentrer nos efforts dans le secteur des TIC en aidant les start-ups à se connecter aux marchés régionaux et internationaux. Nous accompagnerons également des start-ups émergentes dans le développement de solutions novatrices dans l’accès au financement, les services logistiques, la traçabilité ou encore le commerce électronique.

Enfin, en troisième lieu, l’accès au crédit et au capital. Nous connaissons les difficultés des MPME à accéder au crédit pour démarrer leurs activités et au capital pour ensuite grandir. Les contraintes pèsent à la fois du côté de la demande comme de l’offre. Du côté de la demande, nous allons former des conseillers financiers qui accompagneront les MPME dans la formulation de leur plan d’affaire. Du côté de l’offre, nous allons mettre des fonds de démarrage à la disposition des micro entreprises ou celles qui se trouvent dans des zones très défavorisées. Nous comblerons ainsi des failles de marché.

Pour conclure, je voudrais souligner l’importance d’investir dans l’amélioration de l’écosystème entrepreneurial. Nous avons besoin de fédérer les efforts de tous les acteurs, à la fois ceux du gouvernement à travers ses ministères et agences et ceux du secteur privé guinéen aussi que le travail des partenaires internationaux de la Guinée. INTEGRA est un catalyseur des différentes initiatives nationales. Les autres programmes du CCI dans le pays participent également à la consolidation de cet écosystème en matière d’amélioration de l’environnement des affaires, du renforcement institutionnel des agences de promotion au commerce et à l’investissement, et d’appui à l’entreprenariat féminin.

Commençons aujourd’hui la construction du futur d’une Guinée émergente et prospère.