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De petits investissements portent des fruits substantiels pour les exportations de noix de cajou à partir du Bénin et de la Gambie

24 janvier 2018
ITC Nouvelles

 

Le défi Même lorsqu'il s'agit de grands producteurs agricoles de produits de base, les pays en développement ont généralement du mal à réaliser pleinement le potentiel des exportations agricoles pour stimuler la croissance et la création d’emplois. Les producteurs n’ont pas souvent les compétences techniques nécessaires pour ajouter de la valeur dans le pays ; les potentiels exportateurs pour leur part ont une compréhension imparfaite des exigences du marché cible.

Les plus grands producteurs de noix de cajou au monde se trouvent en Afrique de l’Ouest. Les noix constituent la principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Pourtant, en raison de la connaissance insuffisante du marché et de la faible valeur ajoutée, les exportateurs de noix de cajou de la région peinent souvent à vendre des volumes importants de leurs produits à des prix relativement élevés, tant sur les plans national qu'international.

 

 

La réponse L'ITC s’est efforcé d’accroître la valeur ajoutée et les exportations dans le secteur de noix de cajou dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, plus récemment au Bénin et en Gambie.

Le Bénin est le troisième plus grand producteur de noix de cajou d'Afrique, mais seulement 10% d'environ 120 000 tonnes de production annuelle est transformé en grains localement. Par ailleurs, les exportateurs luttent saison après saison pour avoir des acheteurs pour leurs noix de cajou brutes. Pour remédier à ces difficultés, en juin 2015, l'ITC et le ministère du Commerce du Bénin ont lancé un projet triennal de renforcement des capacités de production avec un budget total de $E.-U. 641 000. Un élément clé de ce travail consistait à encourager la collaboration entre le Bénin et un chef de file mondial dans le commerce et la transformation des noix de cajou, le Viet Nam.

Ce pays d'Asie du Sud-Est qui est lui-même un grand producteur, est un des premiers importateurs et transformateurs de noix de cajou. Le projet a permis la mise en place d'un cadre de coopération entre l’Université de technologie de Ho Chi Minh-ville et l’Agence béninoise pour l’investissement et la promotion des exportations (APIEX) pour faciliter le transfert de savoir-faire et de la technologie vietnamienne en matière de transformation des noix de cajou, afin d'ajouter de la valeur aux noix de cajou brutes du Bénin. L'ITC a également facilité des réunions entre les exportateurs béninois et les acheteurs vietnamiens.

Pendant ce temps, en Gambie, un projet de compétitivité du secteur et de diversification des exportations encadre le développement à long terme des secteurs des noix de cajou, du sésame et de l’arachide. L'objectif ici est d’améliorer la production, d'ajouter de la valeur et d'améliorer la qualité en vue d'un meilleur positionnement et d'une optimisation des nouvelles possibilités et des marchés émergents. En outre, l’infrastructure d’assurance-qualité du pays a été remaniée, avec la mise à jour des règlements techniques et des normes pour les produits à base des noix de cajou, la formation des autorités chargées de la sécurité alimentaire. En outre, des processus multipartites ont été mis en place pour élaborer des règlements. L’ITC a travaillé en étroite collaboration avec les petites et moyennes entreprises gambiennes (PME) afin de faciliter le respect des normes internationales en matière de qualité des produits, de sécurité et d’étiquetage nutritionnel par ces dernières.

 

Les résultats

Au cours d’une mission commerciale organisée par l'ITC en novembre 2015, les acheteurs vietnamiens ont exprimé leur intérêt pour l’importation de 50 000 tonnes de noix de cajou du Bénin, ce qui représenterait plus d’un tiers de la production totale du pays.

L'ITC a facilité les cadres contractuels afin de permettre un premier envoi de 25 000 tonnes, d’une valeur de plus $E.-U. 30 millions au taux moyen du marché international de 2015 (le prix réel ne sera établi que lors de la récolte de 2016, qui se déroule de mars à juin). L'ITC travaille en collaboration avec les deux partenaires pour la totalité des 50 000 tonnes puisse être livrées au cours des années suivantes.

En Gambie, la mise en œuvre de stratégies de compétitivité et de diversification sectorielle a été marquée par une amélioration significative de la santé de l’industrie des noix de cajou, avec de meilleures pratiques de production et la hausse des rendements auxquelles s'ajoute la croissance des débouchés commerciaux. Huit entreprises ont reçu une formation sur le système

HACCP (Analyse des risques - maîtrise des points critiques) un système de gestion de la sécurité des aliments de bout en bout qui peut être essentiel pour accéder à certains marchés. L'ITC a renforcé les capacités des experts locaux en sécurité, lesquels vont répliquer la formation auprès d’autres PME et s’assurer que les résultats de l’initiative sur la qualité et la sécurité des aliments sont durables.

« Les agriculteurs ont étudié les meilleures pratiques ainsi que la gestion agricole et par conséquent, la production a augmenté », a déclaré Alpha Ousman Jallow, Secrétaire de direction de l’Alliance gambienne pour la noix de cajou CAG), ce qui indique une amélioration de la qualité et une croissance des rendements estimée entre 100 à 400 % dans tout le pays.

La performance du secteur commercial s’est également améliorée. Lorsque le processus de formulation de la stratégie a commencé en 2012, les exportations annuelles de noix de cajou se situaient généralement autour de 15 000 tonnes. En 2014, elles ont atteint 75 000 tonnes, en raison de l'amélioration des infrastructures de transport et de marketing, en plus de l'émergence de nouveaux débouchés puisque les commerçants chinois ont rejoint leurs homologues indiens en s'approvisionnant sur le marché gambien.

Dans une étude d’impact, les entreprises qui ont travaillé directement avec L'ITC ont noté une augmentation des ventes, des exportations ou de l’emploi. Pour Yassin Jal Mbye, propriétaire et directeur de Jal’s Health Foods, la mise en œuvre des meilleures pratiques de sécurité des aliments a propulsé les ventes. « Après une certification HACCP éventuelle, les clients feront également plus confiance aux produits » a-t-elle déclaré.

Trois des PME participantes ont reçu de nouveaux équipements d'emballage sous vide et d'étiquetage présentant la valeur nutritive des produits et les codes à barres, ce qui permet de mettre les produits aux normes du marché international. « La machine et le nouvel emballage ont grandement amélioré la présentation de nos noix et nous sommes maintenant en mesure de vendre de bonnes quantités dans les supermarchés et supérettes » a déclaré Momodou A. Ceesay, directeur général des entreprises horticoles de la Gambie.

L'avenir

L'ITC vise à travailler avec l’Université de technologie de Ho Chi Minh-ville pour créer une école-usine de transformation des noix de cajou au Bénin afin de faciliter le transfert de l’expertise vietnamienne, en tirant parti du succès d’une entreprise similaire en Côte d’Ivoire.

En Gambie, l'ITC facilite des partenariats avec des institutions internationales afin d'obtenir davantage de résultats. À titre d'exemple, le Bureau des normes de la Gambie a signé un protocole d’entente pour coopérer avec l'American Society for Testing Materials et la CAG a mis en place un partenariat avec l’Alliance africaine de cajou pour la coopération technique. Dans les deux pays, il est essentiel de tirer parti de l’investissement initial réalisé grâce au Cadre intégré renforcé.