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Un commerce durable pour une économie verte

3 juillet 2013
ITC Nouvelles

L'initiative Pour une économie verte du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a travaillé pendant plusieurs années avec plus de 30 PED et PMA en les aidant à formuler et mettre en œuvre des réformes en matière de politiques et d'investissements qui catalysent la transition vers une économie verte. 

Nous avons constaté que tous les pays, peu importe à quel niveau ils se trouvent sur l'échelle de développement, sont capables de revigorer des secteurs stratégiques de leurs économies en 'verdissant' leurs processus de production et en saisissant des opportunités commerciales avec des produits et services conçus, produits, livrés et consommés de manière durable. Cela est particulièrement important pour les PED, qui s'intègrent davantage dans le commerce international, en particulier à travers l'expansion des chaînes de valeur mondiales.

Le biocommerce en est un exemple. Au Pérou, le PNUE a montré en 2012 que les politiques de libéralisation du commerce mises en œuvre dans un contexte plus élargi de stabilité macroéconomique peuvent être associées à l'élargissement de l'accès au marché pour les 228 entreprises exportatrices de produits issus de la biodiversité locale. Grâce à la facilitation et à la promotion du commerce de ces produits, le Pérou a pu accéder à 2,3 milliards de consommateurs dans plusieurs marchés importants d'exportation.

Selon notre étude, près de 90% des entreprises péruviennes orientées vers l'exportation dans le secteur du commerce biologique sont certifiées 'bio' ou 'commerce équitable', ou les deux. Cela illustre bien la contribution du commerce à l'économie verte. Dans un scénario modèle où la production biologique péruvienne orientée vers l'exportation augmenterait de 40% par année jusqu'en 2020, les ventes internationales devraient passer de $E.-U. 110 millions en 2009 à $E.-U. 2,7 milliards vers 2020. Cette augmentation annuelle pourrait créer plus de 250 000 nouveaux emplois au cours de la prochaine décennie, en particulier dans les régions les plus pauvres du pays.

Tandis que les plateaux andins affichent les taux de pauvreté les plus élevés du pays, ils possèdent certaines des plus importantes ressources fondées sur la biodiversité. Huancavelica, la région ayant le taux de pauvreté le plus élevé du Pérou (77,9%), produit des ressources toujours plus demandées dans les marchés internationaux, telles que le kiwicha, le quinoa et le tara. Les communautés d'Ayacucho, Puno et Huánuco, possèdent des ressources fondées sur la biodiversité présentant un potentiel pour le développement du commerce biologique. Cependant, l'extension des chaînes de valeur mondiales à des zones rurales pauvres peut être un moteur pour l'amélioration des moyens de subsistance.

Afin d'aider le Pérou à atteindre ces objectifs, le PNUE procédera à une étude de son secteur du commerce biologique en 2013-2014, axée sur des chaînes de valeur spécifiques susceptibles d'être développées, la simplification réglementaire et la demande internationale inexploitée dans des marchés clé d'exportation; elle visera à rationaliser et à aider à prioriser l'intervention publique en soutien à ce secteur.

L'exportation de biens et services commerciaux a augmenté globalement en moyenne de 5% par année entre 2000 et 2010 (OMC, Rapport sur le commerce mondial 2012). Dans les PED, la contribution des exportations au PIB a été de plus en plus importante, alors que selon la Banque mondiale, le commerce Sud-Sud à lui seul est responsable de 50% des exportations des PED en 2010.

Or, la corrélation entre le développement commercial, économique et social et la protection de l'environnement est extrêmement complexe, en particulier dans les PED et les économies émergentes. Cette complexité résulte en partie du fait que ces pays exportent surtout des produits issus de ressources naturelles et des matières premières; il est donc urgent de diversifier leurs économies et adopter des pratiques commerciales plus durables.

À cet effet, le PNUE a lancé le Projet sur l'économie verte et sur les opportunités commerciales (GE-TOP). Ce projet a un triple objectif: (1) identifier les opportunités de commerce associées à la transition vers une économie verte; (2) identifier les politiques et mesures pouvant servir de facilitateurs et permettre de surmonter les difficultés de saisir les opportunités de commerce offertes par la transition vers une économie verte; et (3) aider les gouvernements, le secteur privé et les autres parties prenantes à renforcer la capacité de saisir des opportunités de commerce durables au niveau national, régional et international.

Le premier résultat clé du GE-TOP est le rapport Économie verte et commerce – tendances, défis et opportunités, qui analyse le rôle du commerce vis-à-vis de l'économie verte et du développement durable. Ce rapport analyse les opportunités de commerce dans six secteurs économiques – l’agriculture, la pêche et l'aquaculture, les forêts, le secteur manufacturier, celui des énergies renouvelables et le tourisme – où le commerce durable peut avoir un effet positif sur la compétitivité économique, l'efficacité des ressources et la durabilité dans les domaines social et environnemental.

Le rapport souligne que l'intégration de produits et services verts dans les marchés internationaux peut fortement inciter les producteurs et fournisseurs de services à passer au vert, alors que des politiques et stratégies en faveur d'une économie verte peuvent générer de nouveaux marchés pour des biens et services durables. 

Il confirme en outre qu'en termes absolus, le commerce de produits certifiés en matière de durabilité tels que les biens et services environnementaux est en augmentation. Alors que ce commerce ne représente qu'une petite partie du commerce mondial, ces marchés évoluent plus rapidement que les marchés conventionnels. Grâce à une plus grande sensibilisation des consommateurs et à des modèles de production et de consommation respectueux de l'environnement, les pratiques commerciales durables ont le potentiel d'améliorer les problèmes environnementaux et sociaux les plus urgents et, dans certains cas, offrent aux PED un avantage compétitif en termes de gains économiques.

Le rapport du PNUE montre que la création d'incitatifs économiques pour la mise en œuvre de normes en matière de durabilité et de traçabilité qui permettra le suivi des produits depuis la source jusqu'au consommateur favorise le commerce durable. Permettre un partenariat effectif entre les chaînes d'approvisionnement et les exportateurs internationaux peut bénéficier particulièrement aux petits producteurs et favoriser le développement d'une chaîne d'approvisionnement durable, comprenant le stockage, l'emballage et le transport. En outre, le renforcement des institutions nationales et des cadres réglementaires peut aider à soutenir ces activités de l'économie verte et stimuler d'autres initiatives.

Au vu de l'intensification du commerce international au cours des 20 dernières années, le travail entrepris par le PNUE afin d'identifier les tendances, les défis et les opportunités associés au commerce durable est essentiel pour aider les pays à améliorer leur bien-être économique, social et environnemental et à les placer dans une position plus avantageuse en vue de la transition vers une économie verte.

Pour plus d'informations sur GE-TOP ou pour télécharger le rapport, allez sur www.unep.org/french/greeneconomy/