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Stimuler l'intégration régionale en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique

6 juillet 2015
ITC Nouvelles

L'intégration régionale continue d'occuper l'esprit de plusieurs dirigeants du groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), ce qui prouve qu'il existe une véritable volonté politique de faire avancer ce programme. Agences et institutions internationales collaborent étroitement avec les pays dans le cadre d'une série d'initiatives visant à accélérer le processus.

Le secrétariat et les membres du groupe des pays d'ACP ont reconnu que l'intégration dans l'économie mondiale est un tremplin vers la réduction et l'éradication de la pauvreté et un moyen efficace d'atteindre la prospérité, la paix et la sécurité.

Les avantages économiques de l'intégration sont bien documentés et comprennent la création de marchés plus vastes et de nouvelles opportunités de commerce ainsi que l'augmentation de la concurrence et la baisse des prix au consommateur. Elle peut également attirer des investissements plus importants à l'échelle nationale et internationale.

La création de zones de libre-échange ou d'unions douanières qui créent des marchés communs pour les biens, personnes, capitaux et services n'est que la couche superficielle de l'intégration régionale. Des modèles plus avancés vont plus loin et introduisent une monnaie commune, l'harmonisation de certaines législations nationales et la création de politiques communes.

Le raisonnement à l'origine de la création des Accords de partenariat économique (APE) entre le Groupe des pays d'ACP et l'UE était qu'ils pourraient aussi favoriser l'intégration économique régionale. Par exemple, tous les membres africains du groupement régional des APE supprimeraient les obstacles tarifaires entre eux, encourageant ainsi le commerce intra-africain et intra- ACP. Ensuite ils conviendraient du taux de la réduction tarifaire en faveur de l'UE et du délai de sa mise en oeuvre.

Hélas, les configurations des APE ne coïncident pas avec les groupements d'intégration régionale existants dans l'ACP. Le groupement des APE a alors incorporé les non membres dans des groupements régionaux existants comme c'est le cas des pays de la Communauté des Caraïbes et du marché commun des Caraïbes (CARICOM) et de la République Dominicaine, ou divisé/ fusionné les organisations régionales comme c'est le cas en Afrique.

De plus, les unions douanières en cours de formation, une fois complétées, ne correspondront pas aux groupements des APE, à l'exception peut-être de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE). En effet, certains membres de l'Union douanière d'Afrique australe (SACU) (Botswana, Lesotho, Namibie, Swaziland et Afrique du Sud) sont parties à l'APE de la SADC, qui comprend également le Mozambique et l'Angola.

Il est de plus en plus clair que la conclusion d'APE avec des sous-régions ou avec des pays individuellement pourrait gravement affecter l'intégration régionale entre les pays d'ACP. Le groupe des pays d'ACP a donc exhorté l'UE à prendre en considération les accords commerciaux régionaux existants lors de la conclusion des négociations des APE. Cela permettrait de compléter la rationalisation des groupements régionaux d'ACP avant la conclusion de la mise en oeuvre des APE complets.

Le groupe des pays d'ACP est préoccupé par cette situation; afin de traiter ce problème, il soutient les efforts de l'Union africaine pour encourager la fusion de groupements régionaux qui sont étroitement liés. Dans ce contexte, il félicite les trois régions de la COMESA, CEA et SADC qui ont lancé les négociations en vue d'un accord de libre-échange (ALE) à Sharm el-Sheikh, en Égypte, le 10 juin 2015.

S'en est suivi le début des négociations à Johannesburg sur une zone de libre-échange qui porterait sur l'ensemble du continent. Nous avons aussi entendu parler d'une décision de rationaliser les Communautés économiques de l'Afrique centrale, ce qui comprendrait la fusion de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Cette nouvelle institution entamerait les négociations en vue d'un accord de libreéchange avec les États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Le groupe des pays d'ACP aura un rôle clé à jouer dans cette coopération interrégionale; en effet, dans le cadre de la coopération ACP-UE, les deux parties reconnaissent le rôle joué par l'intégration régionale pour encourager la coopération commerciale, la paix et la sécurité, à travers la promotion de la croissance et le traitement des défis transfrontaliers.

L'infrastructure régionale; la gestion durable des ressources naturelles; l'adaptation au changement climatique; la sécurité alimentaire et nutritionnelle; et la transformation agricole sont quelques-uns des domaines qui méritent l'attention.

La coopération ACP-UE soutient également les gouvernements nationaux, les parlements et les acteurs non-gouvernementaux en ce qui concerne l'intégration régionale. Ils contribuent à la création et à la promotion des zones de libre-échange et des unions douanières pour aider les régions à tirer profit des avantages des économies d'échelle et mettre les échanges commerciaux en haut de la liste du programme du développement.

Des activités sont mises en place dans les régions d'ACP pour simplifier et unifier les systèmes et procédures douanières, facilitant la circulation de biens entre les frontières.

Le but final est d'élargir et d'accélérer l'intégration régionale dans les pays d'ACP pour répondre à leurs ambitions et atteindre les objectifs fixés par les organisations de l'ACP pour elles-mêmes. Le Secrétariat du groupe des pays d'ACP continuera à soutenir les initiatives régionales visant le développement durable des économies d'ACP pour le bien de leurs populations.