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Sortir les gens de la pauvreté

30 septembre 2013
ITC Nouvelles
Aider les pays africains à atteindre le développement économique et la croissance à travers le commerce et la création d'emplois.
Le Libéria connaît depuis 2003 une période de paix fragile, et le pays récupère gentiment de décennies de guerre civile et de violence. Le développement d'entreprises privées pour la création d'emplois et la croissance est un aspect important de la reconstruction du pays. L'ASDI soutient diverses réformes pour faciliter ce processus. Entre 2008 et 2010, près de 20 000 nouveaux emplois ont été créés. Depuis que le monopole d'importation de ciment est tombé, Steve Davies (vêtu en orange) dirige une cimenterie, ce qui lui permet d'offrir une meilleure vie à sa famille. © Yudawhere Jacobs / ASDI

Joseph Mwangi affiche un large sourire lorsqu'il regarde les dix acres de terre qui l'entourent. Joseph Mwangi est passionné par le coton kényen.

'Le coton est la culture qui présente le plus grand potentiel d'éradiquer la pauvreté dans ce pays. D'abord, parce qu'il est cultivé dans les zones marginalisées où vivent la plupart des pauvres. Ensuite, parce qu'il est cultivé par des petits agriculteurs, qui constituent la majorité de la population,' dit-il.

Avec le soutien de l'Agence suédoise de coopération pour le développement international (ASDI), Mwangi Migwi a eu l'occasion de participer à une formation en Thaïlande, organisée par l'ITC dans le cadre du programme Chaîne de valeur du coton et transparence du marché. Ce programme vise à fournir aux producteurs des PMA les conditions nécessaires pour qu'ils deviennent compétitifs et augmentent leur production de plusieurs produits. L'un des objectifs du programme consiste à apporter plus de connaissances aux cotonniers africains et leur permettre de créer un réseau de contacts sur le marché mondial. Ces connaissances et informations ont permis à des agriculteurs comme Mwangi Migwi d'obtenir un bien meilleur prix pour leur coton. Meilleure paie rime avec meilleure nourriture, meilleure éducation et meilleure santé pour les familles qui dépendent du commerce du coton.

'Je crois qu'à l'avenir il y aura plus d'enfants sur les bancs d'école,' a dit Mwangi Migwi.

Ceux qui, comme nous, s'engagent pour la réduction de la pauvreté savent que des problèmes complexes demandent des solutions à plusieurs niveaux. C'est pourquoi l'APC contribue à sortir les gens de la pauvreté et leur fournit l'occasion de construire des vies meilleures pour eux-mêmes et pour leurs familles. La Suède et l'ASDI soutiennent le développement économique et la croissance en renforçant l'intégration économique régionale car elles croient au pouvoir du commerce comme vecteur de développement, mais aussi en contribuant à la création d'emplois, ce qui profite à la société en général.

L'échéance de 2015 pour les objectifs du Millénaire pour le développement approchant rapidement (il ne reste plus que 1 000 jours), le fait que l'Afrique sub-saharienne soit loin d'atteindre les objectifs fixés par les dirigeants mondiaux en 2000 nous inquiète. C'est une des raisons pour lesquelles la Suède a mis l'accent sur les pays africains et soutient les initiatives ayant différentes approches et objectifs, qui créent des opportunités pour la population de ce continent.

Nous travaillons à différents niveaux pour soutenir les pays partenaires dans leur chemin vers le développement économique et la croissance à travers le commerce et la création d'emplois. Il s'agit d'une chaîne d'actions.

À l'échelle individuelle, nous soutenons des personnes comme Mwangi Migwi et d'autres agriculteurs locaux et petites entreprises alors qu'ils améliorent leurs connaissances des marchés pour leur permettre d'obtenir de meilleurs prix pour leurs produits et participer au commerce local et international.


Victoria Joram dirige un petit magasin de téléphonie mobile à Dar es Salaam (Tanzanie). Pour agrandir son entreprise, elle a reçu un prêt d'une banque commerciale qui collabore avec le Financial Sector Deepening Trust (FSDT), un programme visant à permettre à des personnes vivant dans la pauvreté d'avoir accès aux financements. © Goodluck Mushi / ASDI

À l'échelle nationale, nous contribuons au travail entrepris par les pays pour améliorer leur climat commercial, en développant des structures et cadres réglementaires harmonisés, mais aussi en trouvant des manières de conjuguer les compétences des jeunes professionnels et les besoins du secteur privé. En Ouganda, par exemple, l'ASDI soutient A Working Future, une organisation qui cherche à lutter contre le chômage des jeunes en créant des partenariats entre les jeunes, le secteur privé et le gouvernement.

À l'échelle régionale et internationale, nous soulignons l'importance de la normalisation internationale, y compris dans le domaine du climat, de l'approbation mutuelle des produits, de la protection des consommateurs et du commerce de produits alimentaires. Nous soutenons par exemple des initiatives internationales et régionales relatives au commerce telles que l'Organisation mondiale des douanes et TradeMark East Africa.

La Suède souligne l'importance d'une capacité de développement continue, notamment à travers des programmes de formation internationaux pour la création de compétences et de capacité, ainsi que des réseaux régionaux. C'est pourquoi nous contribuons à améliorer les capacités des pays africains de faire entendre leurs voix auprès de l'OMC et d'autres forums du commerce. Par exemple, la Suède soutient vivement le Centre de formation pour la politique commerciale en Afrique, à Arusha (Tanzanie), où des négociateurs de pays africains ont l'occasion d'améliorer leurs compétences dans les domaines de la politique commerciale et des négociations techniques. Nous soutenons également des pays tels que le Libéria en améliorant le climat d'investissement, l'accès aux services financiers et les capacités des entrepreneurs, et en assistant le pays dans le cadre du processus d'adhésion à l'OMC.

Cependant, l'aide publique est loin d'être l'un des principaux acteurs dans les vibrants marchés émergents de l'Afrique sub-saharienne. Les fonds privés affluent vers l'Afrique, et plusieurs sociétés internationales attendent leur tour pour investir dans ce continent et y faire du commerce . Grâce à notre longue expérience de coopération dans ces pays, la coopération suédoise au développement peut agir comme catalyseur en aidant à établir des relations commerciales durables sur le plan écologique et socialement inclusives. Nous pouvons citer comme exemple le soutien apporté au Fonds d'appui africain pour le développement de l'entreprise (AECF), qui encourage les entreprises du secteur privé à attirer des investissements dans des projets d'entreprise innovateurs et nouveaux dans l'industrie agro-alimentaire, les énergies renouvelables et les technologies liées au changement climatique. Créé par Révolution verte en Afrique, ce fonds du secteur privé de $E.-U. 200 millions est financé en partie par l'ASDI. AECF a été structuré de manière à conjuguer les intérêts commerciaux des entreprises privés et les besoins en matière d'agriculture d'un pays donné, tout en encourageant l'engagement durable des entreprises. En 2011, trois millions de personnes avaient bénéficié de ce programme, et à la fin de cette année, 170 projets d'entreprise répartis dans 22 pays d'Afrique devraient recevoir le soutien du fonds.

Nous sommes convaincus de la nécessité d'une approche holistique pour améliorer les conditions de vie des personnes vivant dans la pauvreté. Le développement du commerce est l'une des pièces du puzzle, et nous sommes fiers d'y participer, avec les gouvernements et autorités des pays avec lesquels nous travaillons, ainsi qu'avec des organisations régionales et mondiales et des entreprises locales et internationales. Notre but est de continuer à créer des occasions pour les marchés durables et le commerce équitable, sans perdre de vue notre plus grande réussite: aider des personnes comme Joseph Mwangi Migwi à changer de vie.