Features

Ouvrir la voie des exportations aux petits exploitants Péruviens

3 juillet 2014
ITC Nouvelles
De l'inca ichi au coqueret, les produits naturels permettent de viser le succès à l'exportation du Pérou.

Dans le district de Lamas, dans la partie supérieure du bassin amazonien, à flanc de coteau, on trouvera José Ramos, petit exploitant de la communauté de Pukashpa. À l'instar de nombreuses autres communautés agricoles dans les environs de San Martín, région au nord-est du Pérou, la communauté de Pukashpa n'a pas accès à l'électricité et vit surtout de l'agriculture de subsistance, cultivant du yucca, des bananes plantain et des fruits.

Depuis des siècles, les petits exploitants tels que José cultivent le sacha inchi, une plante native de l'Amazonie péruvienne. Le sacha inchi pousse dans le climat local et représente une source précieuse de revenu pour les communautés. Ces dernières années, la communauté internationale a reconnu les bienfaits pour la santé de l'huile de sacha inchi, qui contient notamment de la vitamine E et des acides gras oméga-3. Elle est utilisé pour les régimes amaigrissants, pour lutter contre la dépression et prévenir des maladies cardiaques.

L'intérêt pour l'exploration de la biodiversité mondiale à la recherche d'ingrédients à forte valeur nutritionnelle et bénéfiques pour la santé a fortement augmenté, en particulier aux États- Unis d'Amérique. Au Pérou, ces produits naturels sont rapidement en train de devenir la marque de la nature unique de ce pays. Selon le Ministère de l'environnement du Pérou, le montant total des exportations de produits fondés sur la biodiversité s'élevait en 2011 à $E.-U. 350 millions. Environ 40% de ces produits étaient destinés au marché américain. Au Pérou, pays où 30% de la population vit dans la pauvreté, la plupart dans des zones rurales qui dépendent de l'agriculture, cette augmentation pourrait avoir un impact considérable sur la croissance économique.

Malgré l'augmentation de la demande à l'échelle internationale, les entreprises péruviennes peinent encore à pénétrer dans les marchés étrangers, surtout au Canada et aux États-Unis, souvent par manque d'accès aux financement et en raison des compétences et de la capacité limitées des PME. Aux États-Unis, par exemple, l'exigence de l'approbation par l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) en tant que 'Généralement reconnus comme sûrs' (GRAS) pour les aliments destinés à l'exportation était une des barrières. Les substances chimiques ou autres substances ajoutées sont considérées comme GRAS seulement une fois qu'un groupe d'experts scientifiques qualifiés aura certifié qu'elles sont sans danger pour la consommation.

Il manque également aux PME péruviennes les connaissances nécessaires pour tirer le meilleur profit du sacha inchi sur le marché, y compris sur la manière de positionner leurs produits à côté d'autres produits biologiques ou naturels, et d'améliorer l'efficacité de leur production.

Afin d'affronter ces défis, l'ITC, à travers sa section Commerce et environnement, a fourni le support technique nécessaire à la constitution d'un dossier d'évaluation GRAS pour l'huile de sacha inchi. Ce support comprenait notamment l'évaluation de l'usage sûr de l'huile, des méthodes de fabrication et des spécifications par rapport aux critères établis dans la réglementation GRAS. Un groupe d'experts a été constitué pour signer une déclaration consensuelle et en notifier les résultats à la FDA.

Le dossier d'évaluation GRAS a été soumis à la FDA en mars 2014. S'il est approuvé, il ouvrira les portes à tous les petits exploitants souhaitant exporter le sacha inchi vers les marchés américains. Les cultures de sacha inchi engendrent déjà des revenus de $E.-U. 5 000 par hectare, et ce montant pourrait augmenter considérablement avec l'approbation du label GRAS, ce qui représenterait une augmentation considérable des revenus des régions très défavorisées du Pérou.

L'ITC a procédé récemment à une analyse de marché sur trois ingrédients naturels péruviens, notamment le sacha inchi. Cette analyse a fourni un aperçu du potentiel au Canada et aux États-Unis, en termes de marchés, de réglementation et d'exigences techniques. Elle mentionne également les coordonnées d'entreprises qui ont déjà utilisé des ingrédients naturels péruviens, facilitant pour les agriculteurs l'identification d'acheteurs potentiels pour leurs produits.

Pour José et les autres petits exploitants qui cultivent le sacha inchi à San Martín, dans le district de Lamas, ainsi qu'ailleurs au Pérou, le fait d'avoir de meilleures connaissances et compétences est synonyme de croissance et d'augmentation du volume des ventes. Et cela est une bonne nouvelle, non seulement pour eux, mais pour leurs familles et leurs communautés, qui dépendent d'eux pour leur subsistance.