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Les Ministres du commerce des PMA débattent des avantages de l’adhésion à l’OMC

15 décembre 2011
ITC Nouvelles

Les pays les moins avancés (PMA) doivent s’investir plus activement dans les négociations de l’OMC pour tirer pleinement parti des avantages de l’adhésion, améliorer l’environnement commercial pour les petites et moyennes entreprises et montrer les résultats aux donateurs, ont déclaré les Ministres du commerce des PMA lors d’un petit-déjeuner de travail organisé à Genève ce matin.

L’adhésion à l’OMC ne constitue qu’une première étape: les PMA doivent devenir des membres actifs afin de tirer concrètement parti de l’adhésion, a déclaré Patricia Francis, Directrice exécutive de l’ITC, qui a animé le débat lors du petit-déjeuner de travail réservé aux Ministres des pays les moins avancés, qui s’est tenu quelques heures avant l’ouverture de la huitième session de la Conférence ministérielle de l’OMC. Les ministres de plusieurs PMA ont participé à la discussion qui a été ouverte par Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC.

Le multilatéralisme ne peut pas fonctionner sans les PMA, a déclaré S. E. M. Abdou Kolley, Ministre du commerce, de l’industrie, de l’intégration régionale et de l’emploi de Gambie. 'Sommes-nous des membres actifs des négociations ou de simples spectateurs', a-t-il demandé, appelant l’ITC et le Cadre intégré renforcé (CIR) à travailler avec les PMA après leur adhésion à l’OMC pour mieux leur faire comprendre les règles complexes de l’Organisation. 'Si nous restons passifs, nous ne tirerons pas notre épingle du jeu,' a-t-il déclaré.

Certains PMA peuvent être les membres les plus faibles du système commercial multilatéral, mais ils disposent d’importantes ressources dont ont besoin les pays développés et cela devrait renforcer leur position dans la négociation, a déclaré S.E. M. Robert Sichinga, Ministre du commerce et de l’industrie de Zambie. Ils ne peuvent s’accaparer nos ressources sans une juste contrepartie' a-t-il ajouté.

 

L’ATLC produit des résultats

Les Ministres ont également discuté de l’importance de montrer les résultats des projets d’Assistance technique liée au commerce (ATLC). Dans le contexte économique actuel où les pays donateurs font face à des restrictions budgétaires, montrer que l’assistance technique a un impact est important, a déclaré Mme Francis. 'Ceux qui nous fournissent des ressources doivent en rendre compte à leurs citoyens qui sont confrontés à des difficultés dans leur propre pays' a-t-elle déclaré. Plusieurs ministres, dont ceux de la Républicaine centrafricaine et d’Ouganda, ont évoqué les résultats obtenus grâce à l’assistance technique de l’ITC et au CIR. L’étude sur le recensement des secteurs offrant un potentiel d’exportation a été particulièrement important pour la République centrafricaine, selon Mme Marlyn Moulion Roosalem, Ministre du commerce et de l’industrie.

'La majorité des PMA souffrent d’un déficit chronique de résultats,' a déclaré S.E.M. Muhammad Faruk, Ministre du commerce du Bangladesh. Pour concrétiser les résultats, l’assistance doit être bien planifiée et cibler les bons secteurs de l’économie, a-t-il ajouté. 'Mais il est plus facile de parler d’assistance technique axée sur les besoins que d’identifier ces besoins,' a-t-il ajouté. Grâce au travail entrepris au titre du CIR, la RPD Lao dispose désormais de la structure nécessaire pour absorber effectivement l’assistance technique, a déclaré S. E. M. Nam Viyaketh, Ministre du commerce et de l’industrie. Le pays a mis en place un Fonds d’affectation spéciale multidonateurs pour le développement du commerce et du secteur privé. Les structures sont en place pour une coordination efficace des projets d’ATLC et le pays est désormais prêt pour s’approprier les projets, a-t-il ajouté.

Augmenter les capacités d’exportation des PME est essentiel à la croissance économique en Ouganda, où les petites entreprises contribuent pour 60% de la production économique et emploie 2,5 millions de personnes, a déclaré S. E. Mme Amelia Kyambadde, Ministre du commerce et de l’industrie. 'L’adhésion à l’OMC offre un meilleur accès aux marchés mais ces opportunités doivent se concrétiser,' a-t-elle déclaré. 'Il est essentiel d’améliorer la compétitivité du secteur privé, notamment des PME.' Il faut développer des stratégies de croissance tirée par l’exportation qui stimuleront la croissance économique et réduiront la pauvreté, a-t-elle déclaré, et le secteur privé doit être associé au développement de ces stratégies. Pour un pays enclavé comme l’Ouganda, faciliter le passage des frontières pour les biens et les personnes est également un enjeu clé, a-t-elle ajouté.

 

L’apprentissage par la pratique

Les Ministres ont souligné l’importance de l’apprentissage mutuel et du partage des bonnes pratiques en matière d’ATLC et précisé la façon de tirer pleinement parti de l’adhésion à l’OMC. 'Après 13 ans de négociations pour adhérer à l’OMC, on peut toutefois se demander comment l’adhésion tant convoitée à ce système fondé sur des règles répondra à nos besoins,' a déclaré S.E. M. Fonotoe Lauofo, vice-Premier ministre et Ministre du commerce, de l’industrie et du travail du Samoa, qui doit adhérer à l’OMC plus tard cette semaine.

M. Lamy a clôturé la réunion en déclarant que – le temps de la sensibilisation est passé – il faut désormais se concentrer sur 'ce qui est fait ou pas fait sur le terrain.' 'Nous recentrons l’Aide pour le commerce sur la mise en œuvre,' a-t-il déclaré.