Features

Le pouvoir du secteur privé

15 avril 2013
ITC Nouvelles
La Commission européenne cherche à mobiliser le potentiel du secteur privé afin de favoriser l’épanouissement des entreprises, encourager une croissance durable et créer des emplois.

Avec un secteur privé dynamique, moteur de la croissance, de la création d'emplois et de richesse, je pense que les partenaires au développement pourraient éliminer la pauvreté extrême en l'espace d'une génération. De manière générale, en tant que partenaire actif au développement, le secteur privé peut contribuer à relever le principal défi de l'éradication définitive de la pauvreté. Le programme pour le changement, programme visant à accroître l'impact de la politique de développement de l'Union européenne (EU), le reconnaît et prône une collaboration accrue avec le secteur privé pour favoriser une croissance inclusive et durable au service du développement humain.

Les défis sont de taille. Prenons, par exemple, la création d'emplois. Elle reste un immense défi pour tous les pays, mais plus encore pour les PED. Les jeunes et les femmes éprouvent des difficultés à trouver du travail et lorsque des emplois sont disponibles, il s'agit souvent d'emplois de qualité médiocre et de faible productivité dans le secteur informel. Comment dans cette situation sortir de la pauvreté?

Pour faire face, la Commission européenne doit agir sur deux fronts: soutenir le développement d'un secteur privé innovant et dynamique, et s'attaquer aux obstacles à la création d'emplois et de revenus auxquels sont confrontés ceux dont la survie dépend de l'économie informelle. La Commission doit pour cela aider les pays partenaires à adapter leur réglementation pour tenir compte des entreprises et des travailleurs du secteur informel, la consolider et améliorer l'accès à la mise en valeur des compétences et à la protection sociale.

L'absence d'un accès durable à l'énergie et l'insécurité alimentaire freinent la croissance et le développement dans les pays partenaires, alors que les secteurs de l'énergie et de l'agriculture peuvent faire beaucoup pour assurer la croissance inclusive et durable des économies des PED. Pour lutter contre la pauvreté, la Commission européenne souhaiterait une plus grande coopération public-privé et que le secteur privé joue un rôle plus important dans l'énergie et l'agriculture. Il faudrait pour cela redoubler d'efforts en faveur de la croissance verte et avancer sur la voie de la réalisation des objectifs ambitieux de l'initiative de l'Énergie durable pour tous des Nations Unies. L'UE contribue à l'initiative de l'ONU via son programme De l'énergie pour doper le développement, lequel fournira à 500 millions de personnes supplémentaires dans les PED un accès à l'énergie durable d'ici 2030.

Un récent projet de l'UE dans la filière café du Rwanda, Soutien au secteur agricole du Rwanda 2003-2010, montre à quel point le secteur privé peut faire la différence dans la vie des gens. Le projet, qui impliquait la construction de canaux de drainage, la réalisation de travaux routiers et l'organisation de formations, a aidé à créer des emplois et à améliorer les moyens de subsistance de quelque 60 000 agriculteurs du pays. Le rapport d'évaluation final a montré que 40% des bénéficiaires étaient des femmes et que le projet avait considérablement amélioré la production et les exportations de café du Rwanda. La Commission envisage d'autres initiatives pour reproduire cette réussite et tirer davantage parti du soutien accordé au développement du secteur privé local au fil des ans.

Dans un climat économique caractérisé par une pénurie des ressources pour l'assistance extérieure et une explosion des besoins de financement mondiaux, l'assistance au développement ne peut bien évidemment pas, à elle seule, permettre de relever tous les défis du développement. Des modèles de financement plus innovants sont nécessaires pour mobiliser des investissements supplémentaires. Là encore, le secteur privé a un rôle clé à jouer. À titre d'exemple, en conjuguant subventions, prêts et fonds propres, la Commission peut obtenir des financements supplémentaires du secteur privé pour créer des emplois et des possibilités de revenus pour les pauvres.

Le secteur privé peut être à l'origine d'avantages économiques importants au service du développement, mais ce serait une erreur que de penser que sa contribution n'est qu'économique. Pour autant que certaines conditions soient réunies, telles l'État de droit, la bonne gouvernance et le respect des droits de l'homme, le secteur privé peut jouer un rôle certes moins flagrant mais tout aussi essentiel en matière de renforcement de la démocratie et d'appui à la justice sociale. À titre d'exemple, la Commission soutient politiquement et financièrement l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives et travaille avec le secteur privé pour permettre aux citoyens et aux parlements d'accéder à l'information sur la fiscalité des entreprises, les royalties et autres redevances acquittées par les entreprises aux PED dans lesquels elles opèrent. En s'associant à cette initiative, le secteur privé contribue à soutenir la bonne gouvernance, la transparence et la responsabilisation.

Le secteur privé recèle un énorme potentiel de solutions de développement viables, raison pour laquelle la Commission européenne continue de parrainer les initiatives avec le secteur qui aide les entreprises à se développer, favorise la croissance durable, et crée des emplois, tout cela dans le but ultime de sortir les gens de la pauvreté. Les partenariats public-privé aideront aussi les parties prenantes au développement à bâtir un cadre de développement mondial post-2015 plus complet et inclusif pour débarrasser le monde de la pauvreté et des inégalités et garantir un développement durable.