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Le nouveau visage de la mondialisation : le rôle déterminant de la Chine

2 décembre 2011
ITC Nouvelles

Il y a dix ans, la Chine faisait son entrée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Son accession et son intégration dans l’économie mondiale devaient avoir des retombées positives considérables – et considérablement sous-estimées – sur la prospérité mondiale. Les consommateurs ont bénéficié d’importations meilleures marchées et, d’une manière plus générale, l’intensification de la concurrence internationale a débouché sur d’immenses gains de bien-être, lesquels ne cessent d’augmenter.

Il s’agit là d’une réussite de taille pour l’OMC, une réussite dont l’Organisation et la Chine peuvent être extrêmement fières. L’on ne saurait trop insister là-dessus, notamment alors que les négociations commerciales multilatérales ne progressent pas aussi rapidement que nous le souhaiterions. Le mérite en revient essentiellement à Long Yongtu, Vice-ministre chinois du commerce extérieur et de la coopération économique, et l’un des principaux architectes de ce remarquable succès.

Elle nous renvoie aussi à l’histoire même de la mondialisation – au nouvel ordre économique mondial – lancée dans une grande mesure par la Chine avec les nouvelles politiques mises en œuvre sous Deng Xiaoping après 1977. Un de ses grands préceptes était de ‘rechercher la vérité dans les faits’. Les nouvelles politiques adoptées par la Chine devaient non seulement changer le cours de l’histoire, mais aussi induire un revirement dans la perception du secteur privé dans les pays en développement (PED) et dans la politique économique.

L’ERT, la Table ronde des industriels européens, a analysé cette transformation dans trois rapports consécutifs, le premier remontant au début des années 90. Ces travaux ont mis au jour une vague mondiale d’ouverture autonome des marchés, de déréglementation, de modernisation et de mondialisation des règles et réglementations en rapport avec les entreprises, essentiellement motivés par la concurrence sur les règles.

Suite à ces changements, davantage de ressources privées locales et étrangères ont été mobilisées et, plus important, l’investissement est devenu plus efficace. En d’autres termes, le ratio marginal capital/production des économies qui se sont ouvertes s’est considérablement amélioré. Ce mouvement imprimé par les entreprises a eu – et continue d’avoir – d’importantes retombées sur la prospérité; depuis 1980, davantage de personnes sont sorties de la pauvreté, ont pu modestement prospérer dans des proportions plus importantes que jamais par le passé.

Dans l’intervalle, cette réussite se reflète aussi dans les statistiques du PIB mondial. Depuis 2000, le taux de croissance moyen des économies en développement est trois fois plus élevé que celui des économies développées sur la même période. Un autre facteur de changement s’est aussi accéléré. Selon le Rapport des Nations Unies sur l’investissement dans le monde 2011, en 2010 29% de l’investissement étranger direct (IED) provenait d’économies émergentes, contre 2%-4% dans les années 80.

Les dirigeants des économies développées doivent apprendre à écouter avec plus d’attention. Les pays endettés d’Europe ont un besoin urgent d’IED pour se financer sans s’endetter. Les économies développées ont besoin de conseils sur les conditions à remplir pour que davantage d’IED en provenance d’économies émergentes leur parvienne. Le débat sur les conditions propices à l’investissement a donc pris un tour nouveau. C’est auprès de nos partenaires chinois qu’il nous faut prendre conseil.