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L’agro-industrie : création de valeur à l’exportation en Ouganda et au Sénégal

28 septembre 2011
ITC Nouvelles

Le développement du commerce des produits de base (café, thé, fruits et légumes frais) recèle un important potentiel de croissance et de création d’emplois en Afrique. Le défi pour ces secteurs consiste à exporter de manière efficace vers les bons marchés. Le renforcement des capacités des institutions d’appui au commerce (IAC) est nécessaire tout au long de la chaîne de valeur.

En Ouganda, la contribution économique de la filière café est substantielle. Sa production et sa récolte sont des activités à forte intensité de main-d’œuvre et constituent une source importante d’emplois et de revenus. L’Ouganda est un producteur et un exportateur africain de café de premier ordre et le 7e plus gros producteur mondial. La filière emploie directement 3,5 millions d’Ougandais et environ 1,5 millions indirectement (15% de tous les Ougandais). Producteurs et exportateurs sont toutefois loin d’être efficaces.

Difficultés pour les exportateurs de café ougandais

Ces difficultés sont essentiellement opérationnelles et pratiques. Pour les importateurs et les torréfacteurs, il est fondamental que le café livré respecte les qualités, quantités et prix convenus, qu’il soit livré à temps et à l’endroit prévu. Avec le temps, ces exigences se sont compliquées pour les caféiculteurs et les exportateurs aujourd’hui confrontés à de nouvelles exigences.

Régularité: fournir ‘la qualité dans le temps’, l’essentiel du café étant utilisé par les torréfacteurs pour composer des mélanges très précis.

Traçabilité: un suivi précis à tous les stades de la production, de la récolte, de la transformation, du transport, du stockage, de l’expédition, etc. Les importateurs et les torréfacteurs doivent savoir vers qui se tourner en cas de problème. Les torréfacteurs et les détaillants doivent répondre aux questions posées par les consommateurs et la société civile (sur les conditions de travail, l’impact environnemental, etc.)

Quantités importantes: pour des raisons d’économies d’échelle, la plupart des importateurs, des torréfacteurs et des chaînes de détail demandent des quantités de plus en plus importantes. À l’échelle mondiale, 80% environ du café étant produit par de petits producteurs, fournir des quantités importantes est souvent une gageure – même pour les membres de grandes coopératives.

L’ITC a lancé un projet visant à renforcer la compétitivité à l’exportation de la filière café en Ouganda, et ce au titre de la Phase II du Programme du Fonds d’affectation spéciale des Pays-Bas (NTF II) financé par le Ministère néerlandais des affaires étrangères et conjointement par le Centre néerlandais pour la promotion des importations en provenance de PED (CBI) et l’ITC.

Trois IAC clés ont été sélectionnées le long de la chaîne de valeur du café pour améliorer la qualité à l’exportation et les quantités disponibles. Entre fin 2010 et mars 2013, le NTF II en Ouganda veille à l’actualisation de la stratégie nationale en matière d’exportation de café et comble les lacunes aux stades de la production, après la récolte et dans la commercialisation.  

Parmi les problèmes liés à la production figurent l’amélioration de la lutte contre les parasites et les maladies et la promotion des bonnes pratiques agricoles pour garantir un approvisionnement cohérent. Le projet visant à renforcer les capacités d’IAC choisies pour leur permettre d’offrir des services après récolte et de commercialisation de qualité, l’accent est mis sur la diffusion des connaissances et le renforcement des capacités. Au titre du projet NTF II Ouganda, l’ITC a instauré un partenariat avec le Conseil de promotion des exportations de l’Ouganda, l’Autorité ougandaise de développement de la filière café et le Syndicat national des agroentreprises et des entreprises caféicoles, qui englobe 125 associations de caféiculteurs à travers l’Ouganda. L’objectif du partenariat est de faire fond sur les capacités de ces organisations pour améliorer les exportations de café.

La mangue sénégalaise

Le Sénégal est un exportateur africain reconnu de mangues de qualité. Ses principaux avantages sont:

•  Une saison d’exportation plus longue que celle de ses homologues de la CEDEAO – de mai à octobre;

•  La situation du pays à 6 heures d’avion à peine et 6 jours de bateau de son principal marché, l’UE; et

•  Les caractéristiques organoleptiques de ses mangues appréciées des acheteurs européens.

Les exportations de mangues ont chuté de plus de moitié entre 2009 et 2010, principalement du fait des chaleurs inhabituelles enregistrées au moment de la floraison, lesquelles ont entraîné une baisse de la production (jusqu’à 40% dans la région de Niayes et jusqu’à 95% à Ziguinchor). La variété Kent, qui représente 70% des variétés exportées, a été la plus touchée.

Parmi les difficultés rencontrées figurent l’insuffisance des infrastructures routières, l’accès au financement, la pénurie d’intrants, les techniques après récolte, la lutte contre les parasites comme la mouche des fruits exigeant une coopération régionale effective.

Sur les marchés internationaux, les exigences et contraintes sont nombreuses. Les avantages aussi. La certification est la clef des organisations reconnues dans le monde entier, comme les certifications GLOBALG.A.P. et BRC. Le marché exige aussi de coûteuses analyses des résidus de pesticides qui doivent respecter les limites maximales de résidus des pays cibles, de même qu’une traçabilité intégrale, de la fourche à la fourchette car le consommateur final européen exige des informations détaillées sur l’origine du produit, son mode de production et le producteur.

Autre difficulté pour les exportateurs sénégalais : la concurrence, à commencer par celle des producteurs de mangues de la CEDEAO, ainsi que celle d’autres fournisseurs mondiaux tels le Brésil et Israël.

La différenciation pour adapter le produit aux besoins du consommateur final. Elle peut passer par l’accès à un nouveau marché, voire à un marché de niche, pour améliorer les bénéfices. À titre d’exemple:

• Une mangue expédiée par avion pour le marché haut de gamme des consommateurs à la recherche de goût et d’une valeur plus élevée en sucre;

• Une mangue bio pour satisfaire les consommateurs soucieux de leur santé et de l’environnement; et

• Une mangue d’un degré de maturité inférieur et d’une variété plus charnue pour satisfaire les entreprises de transformation qui produisent généralement des salades de fruits en conserve.

Au titre du Projet NTF II Sénégal, l’ITC est en train d’achever une analyse détaillée des débouchés offerts par le marché de l’UE afin de mettre en lumière les maillons de la chaîne de valeur la mangue de la région de Niayes. L’ITC intervient sur des aspects précis tels la logistique à l’exportation, commercialisation, conditionnement, qualité et information commerciale. L’Agence sénégalaise de promotion des exportations doit bénéficier de services d’appui pour asseoir sa position d’agence nationale par un apprentissage ‘sur le tas’. Le partenaire sectoriel de l’ITC est la Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture du Sénégal et certains de ses membres qui produisent et exportent des mangues. Grâce à ces efforts conjoints, les producteurs bénéficieront de l’amélioration des processus qui débouchera sur une croissance et une diversification de la production et du commerce des mangues sénégalaises.

 

SÉNÉGAL : Dans le monde de la mangue

• En 2010, la production annuelle de mangues avoisinait les 34 millions de tonnes, dont plus de 900 000 tonnes étaient exportées.

• Trois pays représentent près de la moitié des exportations mondiales de mangues: l’Inde (20%), le Mexique (18%) et le Brésil (10%).

• Avec une production de 80 000 tonnes de mangues, le Sénégal représente 0,25% de la production mondiale et 0,4% des exportations mondiales.

• Ces 5 dernières années, les exportations de mangues du Sénégal on représenté en moyenne 20% de l’ensemble des exportations de la CEDEAO.

• 23% des exportations de mangues sénégalaises sont destinées à l’Afrique, le reste à l’UE.

 

OUGANDA : Dans le monde des exportations de café

• La production mondiale annuelle de café se situe à environ 7,7 millions de tonnes, le Brésil et le Viet Nam produisant l’essentiel de ce café, avec respectivement 35% et 15%.

• 2% du café mondial provient d’Afrique.

• L’Ouganda représente 2,4% de la production mondiale.

• Près de 20% du café ougandais est de l’Arabica de qualité supérieure, de fine saveur et aromatique et 80% du Robusta utilisé principalement dans les mélanges.