Communiqués de presse

La lutte contre le paludisme peut sauver des vies et les recettes – Etude de l’ITC

28 septembre 2011
ITC Nouvelles

Une étude de l’ITC a montré que les pays dans lesquels le paludisme est endémique peuvent sauver des vies avec une faible perte en matière de recettes fiscales s’ils éliminent les tarifs sur les importations nécessaires pour lutter contre la maladie.
L’étude, menée dans 32 pays touchés de façon endémique par le paludisme en Afrique, en Amérique latine et en Asie, a conclu que la non-application des droits à l’importation sur les médicaments et l’équipement antipaludiques, tels que les moustiquaires, les kits de diagnostic et les insecticides, réduirait les coûts de prévention et de traitement de cette maladie qui est facilement évitable.

Mais malgré l’engagement de nombreux pays, en particulier en Afrique, à réduire les droits, l’étude de l’ITC montre que les tarifs restent en vigueur et peuvent même, comme dans le cas des moustiquaires, être très élevés.

“Garantir l’accès aux produits de base antipaludiques est vital, et la baisse des impôts et des tarifs permet d’y arriver” a déclaré Anders Aeroe, Directeur de la Division du développement des marchés de l’ITC. “Certains états ont peur de réduire leurs recettes fiscales. Notre étude a conclu que les droits sur les produits antipaludiques ne représentent qu’une petite partie des recettes douanières et sont pratiquement négligeables en pourcentage du total des recettes fiscales.”

Les études ont été menées en collaboration avec l’Académie pour le développement de l’éducation basée à Washington, à la demande faite dans le cadre du Projet pour l’abolition des impôts et des tarifs sur les produits antipaludiques (M-TAP), un programme de recherche et de défense de cette cause s’étendant sur deux ans, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates et appuyé par le Partenariat Roll Back Malaria.

Bien que le droit moyen sur les médicaments soit relativement bas, seulement plus de trois pour cent, les tarifs sur les moustiquaires sont en moyenne de 17 pour cent, certains pays appliquant des taux de plus de 50%.

Les droits élevés sur les moustiquaires sont dus au fait qu’elles sont souvent classifiées comme textiles, un des secteurs les plus fortement imposés dans le commerce mondial. Une manière de résoudre le problème serait de reclassifier les moustiquaires antipaludiques importées.

L’étude de l’ITC montre que les pertes dues à la baisse des tarifs sur les produits antipaludiques peuvent être minimisées par séparation des produits de base antipaludiques des autres produits dans des lignes tarifaires nationales séparées, et par réduction des tarifs sur ces lignes à un taux nul. Depuis la première présentation des résultats de l’étude, plusieurs pays africains ont signalé qu’ils vont prendre des mesures pour l’abolition des tarifs et des impôts.

Mais les tarifs ne sont pas les seuls obstacles à l’importation identifiés par l’ITC. Un rapport séparé de l’ITC sur les mesures non tarifaires révèle que celles-ci peuvent également constituer des obstacles au commerce et générer ainsi des coûts supplémentaires pour les importateurs. Le rapport conclut que les questions telles que l’enregistrement, le contrôle et l’essai des produits doivent être considérées pour faciliter la lutte contre le paludisme.
Dix ans après que les Nations Unies ont proclamé 2001-2010 une “décennie pour éradiquer le paludisme,” les morts causées par le paludisme dans le monde ont baissé de 38% selon les estimations. Cependant, la maladie tue toujours près de 800 000 personnes par an, principalement des jeunes enfants et des femmes enceintes et surtout en Afrique.

Lors du sommet d’Abuja de l’an 2000, les états africains ont décidé de “réduire ou d’abolir” les tarifs sur les produits de base antipaludiques. Contrôler le paludisme et inverser son incidence d’ici 2015 est l’un des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).


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