Features

Irrigation: l’expertise fait germer des nouveaux moyens de subsistance au Kenya

15 septembre 2014
ITC Nouvelles


John Ndegwa du conté de Kiambu, au centre du Kenya, gagne sa vie en vendant des bouteilles d’eau. Il cherche maintenant à utiliser l’eau pour faire pousser un autre type d’affaire.

'J’ai eu ce bout de terrain il y a deux ou trois ans', dit cet homme de 32 ans, qui s’essaie à l’agriculture. 'Il était resté inutilisé pendant longtemps, et j’ai pensé, 'pourquoi ne pas l’utiliser? Je me suis dit que je pouvais essayer de cultiver quelque chose.'

Son petit lopin de terre d’à peine 0,1 hectare, à environ 40 kilomètres au nord-est de Nairobi, est entouré d’une plaine aride couleur camel. Creuser un forage pour l’irrigation aurait 'coûté très cher', alors Ndegwa a choisi l’irrigation, plus abordable. Chez Amiran point de vente de produits agricoles, il a acheté une serre en kit, qui comprenait un système d’irrigation goutte à goutte, une serre, des graines, des fertilisants et des produits chimiques. Ce kit comprenait également une formation personnalisée et une assistance en ligne. Emma Wanjiru, agronome d’Amira Kenya, a rendu visite à M. Ndegwa pour vérifier les progrès, lui fournir des conseils et répondre à ses questions.

'Au début, c’est bien de leur donner assez d’eau jusqu’à ce que les racines poussent.'

LA TECHNOLOGIE ASSOCIÉE A LA TRADITION

L’agriculture demeure la principale industrie au Kenya; elle représentait 30% de son PIB en 2012, selon le rapport Perspectives économiques en Afrique 2014 sur le Kenya. Le secteur a enregistré une croissance de la production de 8% et 5% les deux premiers trimestres de 2013; en 2012, pendant la même période, ce taux s’élevait à 2%.

Selon l’Economist Intelligence Unit (EIU), l’agriculture est un vecteur de croissance économique partout en Afrique, maintenant que les petits exploitants augmentent leur production avec l’aide des partenariats public-privé et des politiques agricoles nationales. L’EIU mentionne par exemple que le Gouvernement kényan finance à hauteur de $E.-U. 42 millions le Projet Galana-Kulalu sur la sécurité alimentaire, qui vise à augmenter la production des cultures et de l’élevage (bétail, poisson) destinés à la consommation intérieure et à l’exportation.

La technologie moderne joue un rôle de plus en plus important dans ce secteur traditionnel. Plus de 60% des ménages au Kenya possèdent maintenant un téléphone portable..

'Supposons que je ne sois pas venue', dit Mme Wanjiru. 'L’agriculteur aurait simplement pris quelques photos et me les aurait envoyées sur WhatsApp.'

Grâce à la facilité et la rapidité des échanges d’informations, les agriculteurs reçoivent des réponses et résolvent les problèmes rapidement. Les bénéfices sont tangibles.

'La plupart des gens pensent qu’on a simplement mis une graine dans le sol et qu’elle a poussé, alors ils offrent tel prix', dit M. Ndegwa. 'Mais, avec une bonne récolte, vous pouvez négocier pour obtenir un meilleur prix.'

DÉPASSER LE CADRE HABITUEL

Afin d’obtenir de meilleurs prix pour leurs marchandises et d’assurer un revenu stable, les agriculteurs doivent commencer à produire des marchandises à valeur ajoutée, affirme Wariko Waita, Directeur des relations extérieures et de la mobilisation des ressources à la Croix Rouge du Kenya qui oeuvre afin d’assurer un meilleur niveau de vie pour les petits exploitants. 'Ils sont nombreux à venir vers nous, non pas pour parler de la faim, mais pour demander où est le marché', dit M. Waita. 'Ils passent de la dépendance à la durabilité et à la production; ce n’est pas uniquement une question de survie. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur la création de valeur ajoutée.'

Des produits à valeur ajoutée tels que fruits et légumes secs, confitures et sauces se vendent à des prix plus élevés que les fruits et légumes frais, qui ont une durée de conservation plus courte et sont moins compétitifs sur les marchés régionaux et mondiaux. Le Kenya est membre de plusieurs blocs régionaux, y compris de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).

'Nous voulons regarder au-delà des produits traditionnels. Nous ne voulons pas nous concentrer sur le thé et le café, nous l’avons déjà suffisamment fait', déclare l’Ambassadeur Nelson Ndirangu, Directeur de l’économie et du commerce extérieur au Ministère des Affaires étrangères du Kenya. 'Nous devons maintenant passer à des produits non-traditionnels, des produits haut de gamme, à valeur ajoutée.'

AMÉLIORER LA COMPÉTITIVITÉ

Pour promouvoir la création de valeur ajoutée, le Gouvernement kényan et le secteur privé travaillent avec l’ITC sur un projet de promotion du commerce appelé 'Supporting India’s Trade Preferences for Africa'. Ce programme vise à accroître les exportations de secteurs prioritaires du Kenya, de l’Éthiopie, du Rwanda, de l’Ouganda et de la République-Unie de Tanzanie vers l’Inde.

Ces efforts de promotion du commerce permettent d’améliorer le profil économique du Kenya à l’échelle mondiale. Selon le plus récent indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, le Kenya a gagné 10 places: en 2013-2014, il occupe la 96ème place sur un total de 144 nations.

Création de nouvelles entreprises

M. Ndegwa, espère faire des affaires dans son pays. Il envisage la fabrication de sauces tomates comme activité complémentaire. Pour l’heure, il se concentre sur sa première récolte. 'Je dois récupérer ma mise', dit-il; il a dépensé environ 700 000 shillings kényans (environ $E.-U. 8 000) pour mettre en place sa ferme. 'Je dois gagner de l’argent. Alors je ne suis pas au bout de mon travail ici. Pas encore.'

Il reste encore des structures à mettre en place et des éléments à réparer, la ferme a fait du chemin depuis ses débuts. Bien sûr il y a eu des hauts et des bas', dit-il. 'Je veux voir les résultats et évoluer à partir de là. Si c’était bien, je veux faire mieux. Si c’était mauvais, je veux faire bien. Le résultat se verra sur le montant de mon chèque à la fin.'