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Inclure les PME dans le processus de durabilité

8 décembre 2015
ITC Nouvelles

Àl'heure où le monde relève le défi des nouveaux objectifs mondiaux de développement durable (ODD), l'engagement des PME sera l'un des facteurs décisifs.

On estime que les PME représentent 95% des entreprises dans le monde et emploient plus la moitié de leurs travailleurs, dont le nombre varie de deux ou trois à 250 ou plus. Elles sont l'équivalent de la matière noire dans l'univers: elles sont omniprésentes et constituent une énorme partie de l'activité économique et sociale. Historiquement cependant, les PME ont toujours été largement négligées dans le programme mondial.

Traditionnellement, la contribution des entreprises dans des objectifs établis entre les gouvernements est vue comme celle des multinationales qui participent aux partenariats public-privé, souvent par le biais d'une agence multilatérale.

On reconnaît toujours davantage que s'il faut changer les pratiques de consommation depuis leurs racines (Objectif mondial 12), les entreprises de toutes tailles doivent participer à l'effort. Cela inclut les PME, depuis les entreprises ou coopératives agricoles de petite échelle jusqu'aux startups en pleine croissance de la Silicon Valley. Il en va de même s'agissant d'un rôle plus déterminant pour les femmes, de la capacité de production dans les PED, des emplois décents et de l'éradication de la pauvreté, entre autres.

En fait, les objectifs mondiaux font référence aux PME dans le cadre des objectifs 8 (croissance économique durable et travail décent pour tous) et 9 (industrialisation inclusive et durable). Ces unités économiques ont souvent été mentionnées dans les discussions qui ont eu lieu à New York du 26 juin au 8 juillet lors du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, l'organisme désigné pour assurer le leadership politique dans le cadre des objectifs mondiaux.

La question est de savoir comment engager et impliquer ces entreprises qui sont extrêmement hétérogènes, largement dispersées, généralement employées à chercher la rentabilité et souvent dépassées par la paperasserie.

Auto -évaluation

Les entreprises pourraient commencer par se regarder dans le miroir et s'assurer qu'elles conduisent leurs affaires de manière responsable et traitent leurs clients, employés, vendeurs et voisins avec respect et considération. Elles peuvent ensuite décider d'agir et prendre des engagements liés à des objectifs mondiaux spécifiques. Le menu est varié et comprend des domaines tels que le climat, l'eau, la santé et l'éducation.

Le Pacte mondial des Nations unies, la plus grande initiative de portée mondiale pour des entreprises responsables, offre une plateforme complète pour que les entreprises mettent leurs opérations commerciales et leurs chaînes de valeur en adéquation avec des objectifs sociétaux et de durabilité plus élargis. Cette initiative réunit plus de 8 000 entreprises participantes, dont 55% sont des PME. Elle collabore avec des organismes de l'ONU tels que l'ITC et l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) afin d'engager les PME en faveur de la durabilité.

Le travail avec l'ITC sur les chaînes d'approvisionnement inclusives en est un exemple. Les Principes d'autonomisation des femmes (PAF) offrent des conseils sur la manière d'autonomiser les femmes au travail, sur le marché et au sein de la communauté. Plus spécifiquement, le principe 5 des PAF encourage les entreprises à étendre leurs relations commerciales aux entreprises gérées par des femmes et aux femmes entrepreneures. L'Exposition et Forum des femmes commerçantes, dirigée par l'ITC, offre aux participantes du Pacte mondial et aux signataires des PAF l'opportunité de mettre en oeuvre le principe 5 des PAF tout en tissant des relations commerciales avec des entreprises compétitives détenues par des femmes dans le monde entier.

Participation durable

De plus, la cartographie sectorielle des normes commerciales privées de l'ITC a renforcé la capacité des producteurs, des exportateurs, des responsables politiques et des acheteurs, de participer à une production et des échanges plus durables. Le Pacte mondial des Nations unies a présenté Standards Map de l'ITC comme un outil de référence.

Plus spécifiquement, cette cartographie a été essentielle pour créer des solutions pratiques et évolutives pour le secteur de l'alimentation. Le Pacte mondial des Nations unies a développé les Principes de conduite des affaires pour l'alimentation et l'agriculture pour servir de guide pour des systèmes alimentaires durables. Standards Map aide à traduire ces principes en processus opérationnels.

Cette année, le Pacte mondial de l'ONU s'est donné pour tâche de comprendre l'opinion, voire la conscience des PME au sujet du nouveau programme d'ODD. En collaboration avec l'ONUDI et Sedex, un consortium mondial qui aide plus de 20 000 PME à faire face aux exigences en matière de rapports axés sur la durabilité, nous avons mené un sondage auprès des PME à travers le monde.

Alors qu'elles n'étaient pas très familières avec les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les nouveaux objectifs mondiaux, un nombre important d'entreprises (près d'une sur cinq) ont indiqué au moins en avoir connaissance. Elles se sont montrées désireuses, bien qu'avec un peu de prudence, de s'engager en faveur des principes de durabilité. La majorité a déclaré souhaiter le soutien du gouvernement local à travers l'établissement et la mise en oeuvre de normes de durabilité et l'aide des grandes multinationales dans leurs chaînes d'approvisionnement. Elles ont exprimé une plus grande confiance dans la collaboration et l'assistance plus terre-à-terre fournies par des institutions telles que Sedex, le Pacte mondial des Nations unies, l'ONUDI et l'ITC.

Il sera important d'intégrer les PME dans la mise en oeuvre des objectifs mondiaux. Bien que le défi soit de taille, il semble que les deux parties fassent davantage preuve de bonne volonté que prévu.