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Commerce Sud-Sud - Mettre en relation l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest avec les pays francophones du Mékonge Mekong's Francophone countries

7 février 2014
ITC Nouvelles

Un projet commun de promotion du commerce Sud-Sud, entre le Centre international du commerce (ITC) et l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a permis une forte augmentation du commerce entre quatorze pays africains et trois pays de la région du Mékong, selon des données commerciales récentes.

Les données fournies par le Ministère de l'Industrie et du commerce du Viet Nam indique que le commerce, entre les huit pays de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et le Viet Nam en pleine croissance, a été multiplié par cinq, de $E.-U. 126 million en 2006 à $E.-U. 670 millions en 2012. Le commerce entre les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et le Viet Nam ont été multiplié par quatre, de $E.-U. 49 millions en 2006 à $E.-U. 218 millions en 2012.

Ces chiffres pourraient n'être que le début d'un partenariat prospère Sud-Sud. L'analyse de l'ITC des flux commerciaux indiquent un partenariat commercial potentiel entre ces régions qui pourrait avoisiner les $E.-U. 5 milliards.

« Les opérateurs économiques du Viet Nam, et des pays de la CEMAC et de l'UEMOA, participent activement à de nombreuses activités organisées par l'ITC et l'OIF », déclare Le Duong Quang, Vice-Ministre de l'Industrie et du commerce. « La coopération entre le Viet Nam et la CEMAC et l'UEMOA, ne se développe pas seulement au point de vue commercial, mais aussi en termes d'investissements. »

Les achèvements 2013 comprennent la conclusion d'accords de transfert de technologies dans le secteur de la noix de cajou, depuis le Viet Nam vers le Burkina Faso, et l'établissement d'une coopération directe entre les banques des deux régions, ce qui va réduire significativement les coûts et délais de transactions, a expliqué Ben Mohamed Imamo, Responsable de programme à l'ITC.

L'OIF a pris contact avec l'ITC en 2007 pour créer un projet qui permette d'étendre le commerce intra et extra régional entre la CEMAC, l'UEMOA et les trois pays francophones de la région du Mékong - le Viet Nam, le Cambodge et la République démocratique populaire Lao. Le projet a débuté en 2008 et se conclura par un forum agroalimentaire à Ho-Chi-Minh-Ville en janvier 2014.

En se basant sur une enquête menée par l'ITC, les parties prenantes ont décidé de donner la priorité à l'agroalimentaire, le textile et l'habillement, ainsi qu'au bois. Le coton est un produit d'exportation pour huit des quatorze pays qui composent les deux communautés économiques régionales, tandis que le Viet Nam est l'un des principaux exportateurs de mobilier en bois de l'Asie du Sud-Est.

Les résultats ont été pratiquement immédiats. En 2008, la mission commerciale en Guinée-Bissau des importateurs vietnamiens de noix de cajou, s'est soldée par une lettre d'intention du Viet Nam pour importer 35 000 tonnes de noix de cajou brutes sur trois à quatre ans. Une réunion d'acheteurs et de vendeurs de riz, qui s'est tenue à Ho-Chi-Minh-Ville, a permis à des entreprises de la CEMAC et de l'UEMOA d'importer pour $E.-U. 29 millions de riz vietnamien. En 2012, le commerce de la noix de cajou entre la Guinée-Bissau et le Viet Nam a généré $E.-U 4,95 millions. En 2009, des accords commerciaux et des contrats à moyen termes pour du coton entre le Bénin, le Burkina Faso, le Sénégal et le Togo, et le Viet Nam, ont généré $E.-U. 110 millions. En 2012, des accords commerciaux pour $E.-U. 5,5 millions et des commandes d'exportation à court et moyen termes pour $E.-U. 16,1 millions, ont été générés pour le Congo, le Cameroun et le Gabon.

Relations commerciales, investissements et services bancaires


Au Bénin, les avantages sont également évidents, en particulier suite aux progrès récents du Viet Nam en technologies de traitement des noix de cajou. Les entreprises vietnamiennes produisent 80% des machines utilisées par les usines béninoises.
Guillaume Razack Ishola Kinninnon, Directeur Général de SWCM, entreprise de transformation et de fabrication alimentaire au Bénin, déclare: « Il y a cinq ans, les africains ne connaissaient pas le Viet Nam. Depuis 2008, je constate que l'OIF et l'ITC ont multiplié les liens entre le Viet Nam et l'Afrique. Cela va porter ses fruits et ce sera pour du long terme. »

Il ajoute qu'un des problèmes souvent rencontré par les exportateurs des deux régions était que les lettres de crédit devaient souvent être confirmées par des banques européennes, causant des délais et des coûts supplémentaires. Dans sa méthodologie pour promouvoir le commerce Sud-Sud, l'ITC a facilité la création des modalités d'une coopération inter bancaire directe entre la Vietnam Joint Stock Commercial Bank for Industry and Trade (VietinBank) et les banques de la Guinée-Bissau, le Congo et le Togo. Des réunions sur le partenariat inter bancaire ont eu lieu à Hanoi, au Viet Nam, en janvier 2013, et à Yaoundé, au Cameroun, en novembre 2013.

ITC – promotion du commerce Sud-Sud


La première étape de la méthodologie de l'ITC pour la promotion du commerce Sud-Sud est l'estimation des flux commerciaux. Une évaluation initiale des affaires potentielles montre les principaux secteurs d'intérêt pour les deux régions. Les résultats sont ensuite validés par les parties prenantes pendant des ateliers se déroulant dans leurs pays respectifs. Des enquêtes sur la demande et l'approvisionnement génèrent davantage d'informations sur les conditions d'accès aux marchés et les principales entreprises évoluant le long de la chaîne de valeur.

M. Imamo, de l'ITC, remarque cependant que ce processus entraine parfois des relations d'affaires qui n'avaient pas été anticipées au départ. L'analyse initiale des flux commerciaux n'avait pas intégré les investissements du Viet Nam dans l'exploration et la production de pétrole, estimées à $E.-U. 10,9 millions au Cameroun, et $E.-U. 22,8 millions au Congo. Elle ne pouvait pas non plus prévoir les investissements du Groupe vietnamien Viettel de $E.-U. 345,6 millions pour une licence de téléphonie mobile au Cameroun.

L'étape suivante est une réunion classique acheteur-vendeur, qui sert de plate-forme à la diffusion de l'information et permet aux entreprises participantes d'initier des contacts d'affaires. Par exemple, les 61 réunions organisées pendant la mission commerciale du Burkina Faso au Viet Nam, en novembre 2013, s'est traduite par des transactions pour l'année à venir estimées à $E.-U. 2,5 millions, selon les formulaires d'évaluation initiale de la part des entreprises participantes.

Le processus se conclut par la fourniture de services de renforcement des capacités aux entreprises exportatrices et aux institutions d'appui au commerce. En plus de son travail avec les banques régionales, le projet a également développé un partenariat entre les agronomes vietnamiens et les gouvernements du Burkina Faso et du Cameroun, afin de développer une étude de faisabilité pour améliorer la production de riz.

« [Nous] souhaitons que notre coopération entre le Viet Nam et l'ITC se développe encore davantage dans le futur », a déclaré Tran Quang Huy, Directeur du Département des marchés d'Afrique, d'Asie de l'Ouest et d'Asie du Sud, du Ministère de l'Industrie et du commerce du Viet Nam.